Après un mois de jeûne , les croyants et les fidèles ponctuent comme le veut la tradition religieuse le carême par la Zakat al fitr . Undevoir religieux qui fait partie des cinq piliers de l’islam et dont les croyants doivent s’acquitter pour chaque membre de leur famille.
Cachez- moi ces misérables mendiants que je ne saurais voir !
Ce ramadan, des mendiants il y en avait dans toutes les rues . A la sortie des magasins , des souks et des supermarchés des dizaines , voire plus , de mains se tendent dans l’espoir de récolter une poignée de dirhams de chez des jeûneurs voulant faire une bonne action en ces jours bénis.
Sans vouloir exagérer, nous avons assisté à une misère envahissante, une précarité rampante et une pauvreté désarmante qui ont donné naissance à une prolifération de mendiants.
Comme dirait l’autre, grâce à Dieu pour faire œuvre de charité en ce mois sacré, il y avait l’embarras du choix car dans nos villes des centaines de milliers de personnes ne savent plus quoi faire pour manger à leur faim !
Il y a assurément un fossé vertigineux qui s’est creusé entre ceux qui n’ont plus aucun gagne-pain et la classe très moyenne, surendettée , et accessoirement avec l’ensemble de la société.
Une aumône symbolique en faveur des défavorisés
Mais, lorsque vous voulez offrir une partie de votre repas de rupture du jeûne à un mendiant de passage , il ne s’agit là que de l’aumône qui contribue surtout à vous donner bonne conscience ! Une aumône symbolique en faveur des défavorisés !
En effet, l’essence de la philosophie du jeûne de ramadan est de partager les privations que doivent endurer les plus pauvres et plus généralement de ressentir de la compassion vis-à-vis des souffrances de populations condamnées à la famine , comme c’est malheureusement le cas dans la bande de Gaza , au Soudan et ailleurs.
Solidarité et compassion !
C’est ainsi que la conscience du jeûneur doit en principe être très éveillée et sensible par rapport aux privations subies par les plus pauvres.
Certains n’arrivent plus à s’offrir un demi kilo de sardines, la protéine des pauvres et inutile de revenir sur l’épisode du vendeur de sardines à 5 dh et le feuilleton qui s’en est suivi !
D’autres n’achètent plus de viande, de poulet ni même des œufs face à un chef de gouvernement qui ne veut rien voir et ne veut absolument rien entendre !
Et qui s’accroche à l’alibi de la sécheresse et au prétexte de l’inflation alors qu’à l’échelle internationale, la spirale inflationniste née dans le sillage de la crise du Covid et exacerbée par , par la suite , avec la guerre d’Ukraine a disparue depuis trois ans déjà !
Le gouvernement ne peut pas condamner une frange de la population à la faim alors que des centaines de milliards ont été consacrés à l’importation de viandes rouges et que de gros budgets sont investis pour la CAN et la Coupe du monde 2030 !
Des autoroutes et des trains à grande vitesse, d’accord absolument, mais avec le taux de chômage effrayant pourquoi condamner les marocains non- productifs et non-actifs à la misère à perpétuité !?
Des autoroutes et des trains à grande vitesse, d’accord absolument, mais avec le taux de chômage effrayant pourquoi condamner les marocains non- productifs et non-actifs à la misère à perpétuité !?
De véritables aides sociales directes et concrètes , un vrai registre social et non pas un registre capitaliste, une baisse conséquente des prix du carburant, un moratoire sur le prix des viandes rouges et surtout, un retour de la compensation en faveur des plus défavorisés.
En un mot : un véritable état social qui n’abandonne pas les défavorisés sur le chemin de l’exclusion et de la précarité !
Et où le ruissellement du haut vers le bas de la pyramide sociale fonctionne comme devrait fonctionner un état normalement constitué avec des institutions bien représentatives . Où des mécanismes de solidarité fonctionnent en permanence indépendamment de la conjoncture politique, économique ou climatique !
Si de telles décisions ne sont pas prises , les dégâts seront totalement dramatiques pour les laissés pour compte car l’aumône qu’ils peuvent recevoir n’est qu’une goutte d’eau dans un océan de misère !
Une goutte d’eau dans un océan de misère !
C’est pour cela, pour des considérations de cohésion, de solidarité et de paix sociale, que Dieu Tout puissant a institué la Zakat , qui fait partie des cinq piliers de l’islam et dont les croyants doivent s’acquitter une fois par an pour ceux qui ont un capital, une rente , un commerce, une épargne ou de l’argent qui dort ou qui est investi dans l’agriculture ou un bien locatif .
Sans jugement aucun, et encore moins sans jugement de valeur, qui prend encore la peine de s’acquitter de la Zakat !?
Certains n’arrivent à payer leurs impôts ou leurs dettes que bien difficilement et d’autres sont pris dans le tourbillon infernal du coût de la vie !
Et je ne vous parle même pas de ceux qui ne payent même pas leurs impôts et profitent sans vergogne et , sans foi ni loi surtout, de l’absence de textes contre l’enrichissement illicite, de la corruption qui bénéficie de l’impunité, voire des trafics en tous genres qui rapportent des centaines de millions de dh.
La Zakat est absolument une révolution divine pour une répartition , équitable et juste , des richesses sinon on se retrouve fatalement avec des nouveaux riches et des milliers de nouveaux pauvres. Mais, encore une fois sans jugement aucun, il n’est pas interdit d’être riche et il est autorisé d’être fortuné et honnête !
Et les marocains ont toujours répondu présents à chaque campagne de solidarité, sauf que la conjoncture actuelle est trop difficile pour les plus pauvres.
Pour la Zakat, le croyant doit lui-même prendre l’initiative sans contrainte, si ce n’est celle de l’obligation religieuse et l’amour de Dieu et la certitude de devoir rendre des COMPTES le jour du jugement dernier ! !
Les sentiers du Seigneur sont certainement impénétrables, mais il est flagrant que la société marocaine présente de plus en plus de symptômes qui révèlent la facture de la fracture sociale résultant de la mauvaise gouvernance !
Et surtout, du coût social de certaines prises de décision ou encore pire de décisions que certains décideurs ne prennent désespérément pas !
Bien évidemment, je suis bête : pourquoi parler de Zakat et de religion avec ceux qui ne veulent pas comprendre que les deniers publics c’est de l’argent illicite et que le détournement de fonds est un crime, comme un autre , interdit et puni par Allah.
D’autant plus lorsqu’il s’agit d’argent qui aurait dû en principe être affecté en direction des défavorisés !
Dieu reconnaît toujours les siens. Amen
La question qui fâche dans un pays où l’amour de l’argent en a aveuglé beaucoup malheureusement pour eux