Un nouvel épisode de tensions diplomatiques entre le Maroc et l’Union européenne s’est produit la semaine dernière, après l’expulsion de trois députés européens du Sahara marocain. Isa Serra (Podemos, Espagne), Catarina Martins (Bloco de Esquerda, Portugal) et Jussi Sáramo (Alliance de Gauche, Finlande) ont été refoulés dès leur arrivée à l’aéroport de Laâyoune. En réaction, ils appellent désormais les institutions européennes à prendre des sanctions contre le Maroc.
Les trois eurodéputés ont adressé des lettres au président du Conseil européen, Antonio Costa, à la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, ainsi qu’à la vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas. Ils y demandent des explications et sollicitent des rencontres avec ces hauts responsables pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une atteinte à leurs droits en tant que parlementaires européens.
Selon leur version relayée par Europa Press, les élus affirment avoir été empêchés de descendre de l’avion sans raison valable, avant d’être contraints de rebrousser chemin vers Las Palmas de Gran Canaria. Leur visite avait pour but de mener une mission d’observation concernant l’application de la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) annulant les accords de pêche entre l’UE et le Maroc. Ils avaient notamment prévu de rencontrer des représentants de la MINURSO ainsi que des associations sahraouies.
Le Maroc, de son côté, ne reconnaît aucune légitimité à ces députés pour s’ingérer dans ses affaires souveraines. Le Sahara marocain étant un territoire sous administration marocaine, les autorités du Royaume n’avaient aucune obligation d’autoriser leur mission. Cette décision s’inscrit dans une ligne diplomatique stricte, visant à contrer toute tentative d’instrumentalisation du dossier du Sahara au sein des institutions européennes.
Alors que le différend autour du Sahara marocain continue de cristalliser les tensions, cette affaire risque de raviver les débats au sein de l’Union européenne. Reste à voir si ces appels aux sanctions seront suivis d’effet ou s’ils ne seront qu’un nouvel épisode dans les bras de fer diplomatiques entre le Maroc et certains courants politiques européens.
Par Salma Semmar