De manière aussi inattendue que rapide, Paris et Alger ont convenu de se rabibocher et de repartir sur de nouvelles bases. Cette réconciliation-surprise est-elle solide et crédible ? N’est-elle pas conjoncturelle, destinée à sortir l’Algérie de son isolement ?
À première vue, non, car les antagonismes et les divergences de fond sont nombreux. D’ailleurs, Paris a conditionné cette nouvelle donne à certaines mesures.
Tout d’abord, la libération, par une grâce présidentielle algérienne, de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné la semaine dernière à cinq années de prison. Il est de notoriété publique que le président Tebboune n’accédera pas à cette exigence sans le feu vert des militaires, véritables détenteurs du pouvoir, qui observent ce rapprochement avec appréhension et méfiance, en raison d’un passif historique et stratégique lourd avec la France.
La seconde double condition est qu’Alger accepte de reprendre les Algériens visés par une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et expulsés par Paris, et qu’elle mette fin aux activités de ses influenceurs, envoyés en France pour menacer de mort les opposants algériens, ainsi qu’aux nombreux détenus de droit commun que Paris souhaite expulser au plus tôt, mais que l’Algérie refuse de reprendre.
Et la suite ?
La suite dépendra étroitement de la position que Paris adoptera face aux pressions d’Alger pour que le président Macron revienne sur sa position concernant le dossier du Sahara. Une hypothèse peu probable, car la France cherche à préserver ses intérêts au Maroc et les acquis de la visite fructueuse d’Emmanuel Macron à Rabat, où accords et investissements se sont multipliés. Il continuera donc vraisemblablement à jouer le rôle d’équilibriste que les circonstances lui imposent.
Sauf que si Paris refuse de se dédire sur la marocanité du Sahara, les militaires algériens risquent de se rebiffer. À moins que le président Macron n’obtienne rapidement la libération de Boualem Sansal, comme gage de bonne volonté en politique intérieure, tout en restant fidèle à son amitié avec le Maroc. Sinon, il est difficile d’imaginer comment il pourra sortir du guêpier militaro-algérien et réussir à jouer sur les deux tableaux.
Par Jalil Nouri
Vous êtes fatigant.
Je ne comprend pas en quoi cela dérange si vous avez de bonnes relations avec un pays cela ne vous donne pas le droit de s’immiscer dans ces relations et vis versa ..c’est bien logique non ?
La pression des passeports diplomatiques est énorme sur les caporaux d’Alger