L’affaire dite de « Escobar du Sahara » continue d’alimenter les débats judiciaires et médiatiques au Maroc, sur fond de soupçons de blanchiment d’argent, de liens troubles entre responsables politiques et figures du trafic de drogue. Au centre de cette affaire, une luxueuse villa située dans le quartier californie de Casablanca, dont la propriété est revendiquée à la fois par Said Naciri, ancien président du Wydad de Casablanca, et par « Escobar du Sahara », trafiquant international poursuivi dans un vaste réseau criminel.
Lors de l’audience tenue ce vendredi à la Cour d’appel de Casablanca, l’ancien député du PAM (Parti Authenticité et Modernité), Kacem Belmir, a affirmé que la villa lui appartenait à l’origine, après l’avoir achetée auprès de la femme de son beau-frère. Il déclare l’avoir vendue en 2019 à Said Naciri pour 1,6 milliard de centimes, dans une transaction scellée en grande partie verbalement et basée sur la confiance, sans acte notarié initial. Un premier versement de 650 millions de centimes aurait été effectué, accompagné de cinq chèques de garantie de 200 millions chacun, selon Belmir.
Le député affirme que l’accord s’est conclu dans les locaux du club du Wydad, et que les paiements ont été faits en espèces, par traites, et même dans un parking du Parlement, sans le moindre encadrement formel. Selon lui, la villa a été habitée temporairement par la chanteuse marocaine Latifa Raâfat, à la demande de « l’Escobar du Sahara », qu’il dit n’avoir rencontré que deux fois.
Face aux accusations selon lesquelles la villa aurait été le théâtre de soirées illicites et de consommation de drogue, Belmir nie tout en bloc :
« Qu’on m’apporte une vidéo, une preuve, une caméra. Je n’ai jamais assisté à ces événements. »
De son côté, l’ »Escobar du Sahara » prétend avoir acquis cette villa dès 2013, ce que Belmir conteste fermement en lançant :
« Qu’est-ce qu’il possède celui-là ? La villa était en ma possession jusqu’en 2019. »
La complexité du dossier mêle politique, trafic de drogue, célébrités et grosses transactions immobilières, et pose une fois de plus la question des connexions troubles entre certains élus, figures sportives et milieux criminels.
L’affaire d’Escobar du Sahara » s’apparente de plus en plus à une série judiciaire à rebondissements, où chaque audience dévoile un nouvel épisode, mêlant politiciens influents, figures du sport, célébrités et réseaux criminels. Entre les déclarations contradictoires de Said Naciri, les implications d’Abdenbi Bioui, et les prétentions du sulfureux « Escobar du Sahara », il faudra encore beaucoup de temps pour démêler l’écheveau complexe de cette affaire où les vérités semblent se dissimuler derrière des jeux d’influence et des transactions opaques.
Le procès, mené étape par étape, captive l’opinion publique, tant par les noms impliqués que par la gravité des faits évoqués. Les Marocains attendent avec impatience le verdict final, espérant qu’il permettra enfin de faire la lumière sur l’un des dossiers politico-judiciaires les plus sensibles de ces dernières années.
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