Par un décret présidentiel qualifié « d’urgence nationale », le président américain Donald Trump a ordonné la fermeture des portes de l’immigration aux ressortissants de tous les pays du tiers-monde, à la suite de l’assassinat d’une membre des forces de sécurité à Washington par un ressortissant afghan. Cette décision radicale marque un tournant majeur dans la politique migratoire des États-Unis et provoque une onde de choc bien au-delà des frontières américaines.
Les Marocains figurent parmi les premiers concernés. Pour des milliers d’entre eux, l’annonce a eu l’effet d’un séisme : familles en attente de régularisation depuis des années, étudiants espérant entamer une carrière sur le sol américain, ou encore candidats à la loterie annuelle de la “Green Card” voient soudain le « rêve américain » s’éloigner brutalement. Les dossiers en cours risquent d’être gelés, voire purement et simplement enterrés, selon les premières réactions d’experts en immigration.
Cette décision n’est pourtant pas totalement surprenante. Dès le début de son mandat, Donald Trump avait multiplié les signaux hostiles aux flux migratoires en provenance des pays pauvres : restrictions drastiques sur les visas, durcissement des contrôles aux frontières, expulsions accélérées d’irréguliers. Le président, qui n’a cessé de brandir la menace sécuritaire, semble désormais avoir saisi le prétexte de ce meurtre pour franchir un nouveau cap, au nom de la « protection du peuple américain ».
La réaction ne s’est pas fait attendre dans les milieux économiques. Les géants de la Silicon Valley, fortement dépendants de la main-d’œuvre qualifiée étrangère, ont dénoncé une mesure « contre-productive » et dangereuse pour l’innovation. Ils rappellent que de nombreux ingénieurs, chercheurs et développeurs viennent précisément de ces pays aujourd’hui visés.
La communauté marocaine aux États-Unis, estimée à près de 300.000 personnes, suit la situation avec inquiétude. Une partie importante de ses membres vit encore dans l’attente d’une régularisation définitive ou d’un regroupement familial. Pour eux, un trait de plume venu de la Maison Blanche menace de transformer des années de sacrifices et d’espoirs en un brutal retour à la case départ.
Par Jalil Nouri










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