Ce qui devait être une simple formalité administrative s’est transformé en une scène digne d’un roman kafkaïen. Venue dans un arrondissement de la capitale pour retirer un banal acte de naissance, une jeune citoyenne ignorait qu’elle s’apprêtait à vivre l’un des épisodes les plus surréalistes de sa vie. Munie de tous les documents requis, elle se présente au guichet, convaincue de repartir quelques minutes plus tard avec le précieux papier. Mais c’est un tout autre scénario qui l’attendait.
À sa grande stupeur, l’agent lui réclame… la preuve qu’elle est de sexe féminin. D’abord persuadée d’être la cible d’une mauvaise plaisanterie, elle prend à témoin les usagers et même certains employés, croyant à une caméra cachée de mauvais goût. Revenue au guichet pour demander des explications, elle découvre l’origine tout aussi déroutante de cette exigence : le système informatique refuserait de valider la délivrance de l’acte sans justificatif officiel attestant du sexe du demandeur.
La jeune femme multiplie les tentatives, brandit son livret de famille mentionnant clairement « sexe : féminin ». Peine perdue. Ni l’ordinateur, ni le fonctionnaire, ni même un responsable présent sur les lieux ne se résolvent à reconnaître l’évidence. Prisonnière d’un logiciel inflexible, l’administration semble avoir perdu toute capacité de discernement humain. La scène se déroule dans une atmosphère d’incrédulité et de malaise, laissant la principale intéressée totalement désemparée.
Le récit de cette mésaventure, aussitôt relayé sur les réseaux sociaux, s’est propagé comme une traînée de poudre, suscitant indignation, ironie et interrogations. Qui faut-il blâmer dans ce type de situation ? Un système informatique aveugle ? Des procédures absurdes ? Ou une administration devenue incapable d’adapter ses outils à la réalité la plus élémentaire ?
Une chose est certaine : cette affaire met en lumière les dérives d’une bureaucratie où la technologie, censée simplifier la vie des citoyens, peut parfois devenir un obstacle ubuesque aux rapports les plus basiques entre l’État et ses administrés.
Par Salma Semmar










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