Pour ne pas sacrifier son ministre de la Justice, le chef du gouvernement aurait choisi, aux yeux des intéressés, de sacrifier les milliers d’avocats que compte le pays, en les privant de ce qu’ils considèrent comme leurs droits fondamentaux.
C’est, en substance, le sentiment qui domine au sein de la profession au lendemain du Conseil de gouvernement présidé par Aziz Akhannouch, au cours duquel le projet de réforme de la profession d’avocat a été approuvé et entériné.
Un véritable coup de poignard dans le dos, estiment les robes noires — une couleur qui symbolise pour elles l’égalité et la justice, piliers de leur métier, qu’elles jugent aujourd’hui gravement menacés.
Si la déception et le désarroi sont profonds, ils sont d’autant plus vifs que les avocats avaient placé beaucoup d’espoir dans cette réunion gouvernementale. Nombre d’entre eux y voyaient une ultime chance de reprendre le travail et d’éviter une épreuve de force avec le ministre de la Justice et l’Exécutif. C’est pourtant le scénario inverse qui semble désormais se dessiner.
En dépit des appels du gouvernement au maintien du dialogue, celui-ci apparaît, aux yeux de la profession, vidé de toute substance. Les jeux seraient faits, le projet de loi étant destiné à suivre son parcours parlementaire sans modification majeure, « comme une lettre à la poste », selon l’expression qui circule dans les rangs des avocats. Dès lors, beaucoup ne voient plus d’utilité à un dialogue qu’ils estiment désormais illusoire.
Dans ce climat assombri, la vie judiciaire s’achemine, de manière prévisible, vers une guerre d’usure entre les avocats, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi et le gouvernement. Un bras de fer aux allures de combat final, dans lequel le chef du gouvernement semble avoir engagé un pari à haut risque.
Par Jalil Nouri



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