La CAN 2025 au Maroc n’échappe pas à un vieux réflexe du football africain : quand la tension monte et que les écarts se resserrent, les tribunes et les réseaux sociaux se mettent à chercher des explications ailleurs que dans la tactique, la forme du moment ou le talent. Dans ce climat, les rumeurs de recours à la sorcellerie refont surface, s’invitant dans les discussions comme un bruit de fond familier, souvent impossible à prouver, mais toujours capable d’enflammer l’imaginaire collectif.
Le phénomène n’a rien de nouveau. Dans l’environnement des stades, ces pratiques sont évoquées depuis des décennies, sous des formes multiples : gris-gris, talismans, “protections”, ou gestes supposés influencer le cours d’un match. À chaque grande compétition, le même scénario se répète : l’équipe qui gagne trop, l’adversaire qui s’éteint trop vite, un gardien “inspiré”, un but improbable… et la rumeur trouve un terrain fertile.
Pour l’heure, aucune accusation officielle n’a été formulée. Ni plainte, ni déclaration publique d’un staff, ni élément concret. Mais sur les réseaux sociaux, les affirmations circulent avec une étonnante assurance, comme si la conviction suffisait à faire preuve. Cette mécanique dit surtout quelque chose de la pression : à mesure que le tournoi approche de son dénouement, les nerfs s’exacerbent et le moindre détail devient prétexte à interprétation.
Dans les stades marocains, la sécurité très présente limite pourtant les “méthodes classiques”. Introduire des objets, approcher l’aire de jeu, déposer quoi que ce soit sur la pelouse : tout cela relève aujourd’hui du fantasme plus que du possible. Reste l’idée, entretenue par les récits populaires, de procédés plus discrets, moins visibles… et donc plus faciles à évoquer que démontrer.
Au fond, ces rumeurs sont peut-être surtout un avant-goût : celui des procès d’intention qui accompagnent souvent le futur vainqueur. Quand un titre se joue, certains expliquent la supériorité par la préparation; d’autres par “autre chose”. D’où la nécessité d’une règle simple : prudence, retenue, et refus d’alimenter des accusations sans preuves.
Par Mounir Ghazali











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