Alors que se dispute aujourd’hui la très attendue finale de la Coupe d’Afrique des Nations opposant le Maroc au Sénégal, la préfecture de police de Paris a une nouvelle fois tranché : aucun rassemblement de supporters ne sera autorisé sur l’avenue des Champs-Élysées. Un arrêté préfectoral reconduit ainsi une mesure préventive déjà en vigueur lors des tours précédents du tournoi, invoquant des impératifs de sécurité et de maintien de l’ordre.
Cette décision ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs responsables politiques franciliens montent au créneau et dénoncent une approche jugée excessive, voire discriminatoire. Pour Frédéric Hocquard, adjoint à la mairie de Paris chargé du tourisme et de la vie nocturne, l’interdiction surprend d’autant plus que les célébrations sportives sur la célèbre avenue constituent une tradition bien ancrée. L’élu rappelle également que la CAN 2025 compte 45 joueurs originaires d’Île-de-France, un chiffre inédit qui témoigne de l’ancrage local de cette compétition africaine. Tout en reconnaissant les contraintes sécuritaires, il rejette le principe d’une interdiction systématique et estime que les supporters marocains et sénégalais doivent être traités comme l’ensemble des habitants de la région.
Même son de cloche du côté de Stéphane Troussel, président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, qui a interpellé le préfet de police pour réclamer la levée de l’arrêté. Selon lui, la CAN est une manifestation sportive majeure, populaire et fédératrice, qui mérite un dispositif d’encadrement équivalent à celui des autres grandes compétitions internationales. Il pointe une inégalité d’accès à l’espace public, regrettant que les Champs-Élysées ne soient pas ouverts à tous dans ce contexte.
Malgré les restrictions, l’enthousiasme populaire ne faiblit pas. Lors de la qualification du Maroc, des milliers de supporters avaient déjà investi l’avenue parisienne, bravant l’interdiction. Pour les élus contestataires, le maintien de cet arrêté alimente une incompréhension grandissante au sein de la communauté francilienne, à l’heure où l’épopée des Lions de l’Atlas fait vibrer bien au-delà des frontières marocaines.


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