La tension monte d’un cran au sein de la profession d’avocat. Plusieurs organisations professionnelles ont vivement dénoncé les dernières déclarations du ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, les qualifiant d’« irresponsables » et contraires à l’éthique du débat politique, tout en les jugeant offensantes pour une profession qu’elles décrivent comme porteuse de références universelles et d’une mission humaine essentielle.
Au cœur de la crispation : le projet de loi n°66.23 relatif à l’organisation de la profession. Les avocats rejettent une approche qu’ils estiment « non objective », accusant le gouvernement d’éviter le diagnostic des véritables dysfonctionnements de la justice, tout en faisant passer—selon eux—des contrevérités susceptibles d’affaiblir la mission de défense et son indépendance.
Dans un communiqué, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc réaffirme son refus total du texte et réclame son renvoi immédiat afin d’ouvrir un débat participatif « sérieux et responsable ». Il annonce également une mobilisation générale de la profession et met en garde contre toute tentative d’imposer un fait accompli touchant à l’identité même du métier.
Sur le terrain, l’escalade s’organise. Le programme de protestation a été renforcé par un arrêt complet des services professionnels pendant une semaine, à compter du 26 janvier 2026. Une grande marche nationale est prévue devant le Parlement à Rabat, le vendredi 6 février 2026 à 10h.
De son côté, la Fédération des associations des jeunes avocats se dit alignée avec « la base » et critique les reculs entourant le projet, estimant que les revendications des jeunes ont été marginalisées. Elle appelle à une mobilisation devant le ministère de la Justice le 28 janvier 2026, et annonce un rassemblement national à Marrakech le 13 février 2026.
Le ministre, lui, a récemment défendu—au Parlement—l’idée de limiter la plaidoirie devant la Cour constitutionnelle aux avocats justifiant d’une certaine expérience, au nom de l’exigence technique de ces dossiers, déclenchant une réaction en chaîne dans les barreaux.










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Un projet de loi qui s’inscrit en porte à faux avec les élements basiques et fondamentaux qui accordent à cette prefession l’autonomie et la liberté corporative nécessaire qui sont de nature à garantir l’independance du role de la defense dans toutes les procédures initiées et cobduite par et avec les instances judiciaires et ce en parfait respect avec les dispositions de la constitution du Royaume.
Toute atteinte à l’autonomie de la profession est de facto une atteinte à l’autonomie de la justice
Une profession qui refuse d’évoluer et d’exercer ce noble métier dans les règles de la transparence et d’ethique comme c’est d’ailleurs le cas de nombreuses professions libérales qui crient au loup chaque fois que leurs petits intérêts étriqués risquent d’être touchés.