Pour l’instant, le nouvel épisode de la hausse des frais de scolarité ne concerne ouvertement que le lycée Guy-de-Maupassant, établissement relevant du réseau AEFE (Mission française). Mais l’annonce a agi comme une traînée de poudre. Dans les groupes de parents, la même crainte revient : ce qui n’est aujourd’hui qu’un « cas isolé » pourrait devenir demain une norme appliquée, sans concertation, à l’ensemble des établissements du réseau.
Selon plusieurs parents d’élèves, l’augmentation annoncée s’apparente à un changement de cap unilatéral, vécu comme une remise en cause d’un accord précédemment établi entre les parties. D’où une crispation immédiate : après une brève accalmie ces derniers mois, « l’urticaire » des hausses refait surface, ravivant une tension déjà latente autour du coût global de la scolarité.
Dans le détail, le dispositif évoqué prévoit une hausse de 4 % par an jusqu’en 2029, ce qui ancre la trajectoire dans la durée et rend la facture prévisible… mais lourdement ascendante. À cela s’ajoute la création de Droits Annuels d’Inscription (DAI) : 4.000 dirhams à acquitter au 1er trimestre 2026-2027, puis 7.000 dirhams dès 2027-2028, avec une facturation annoncée en mai/juin 2027. Autre point particulièrement sensible : les Droits de première inscription (DPI) seraient portés à 30.000 dirhams à compter de la rentrée 2026, un seuil jugé dissuasif pour de nombreuses familles. Selon plusieurs parents, certaines écoles privées relevant du réseau AEFE envisageraient en outre l’introduction de frais encore plus dès la prochaine année scolaire, alourdissant davantage un coût global déjà jugé excessif.
Dans ce climat, l’inquiétude dépasse la seule question des tarifs. Une baisse des effectifs est également évoquée, avec, à la clé, la possibilité d’une révision de la structure pédagogique. Autrement dit : moins d’élèves, donc potentiellement moins de classes, des regroupements, voire des ajustements d’offre. Une perspective qui, pour certains parents, ressemble à une double peine : payer davantage tout en craignant un affaiblissement de l’encadrement ou de la diversité pédagogique.
Le dossier se complique encore avec l’annonce de coupes budgétaires importantes. Concrètement, disent des parents, cela pourrait signifier moins de moyens au quotidien, des investissements reportés et une pression accrue sur les équipes éducatives, avec un impact direct sur les conditions d’enseignement. Le paradoxe est, dès lors, au cœur de la colère : les parents paieraient beaucoup plus pendant que les moyens diminueraient.
Face à cette montée de tension, la question de l’arbitrage se pose avec acuité. Or, sur ce point, les familles dénoncent un vide : le ministère de tutelle, affirment-elles, se serait « lavé les mains » du dossier, laissant les établissements — mission ou non — fixer leurs grilles tarifaires. Dans cet espace sans médiation, la crise menace désormais le climat scolaire de l’ensemble du réseau AEFE, bien au-delà d’un seul établissement.
Enfin, les parents soulignent que ces hausses ne se limitent pas aux frais de scolarité. Ils pointent aussi la progression régulière des frais annexes (activités, services, contributions diverses) qui surgissent parfois en cours d’année et s’appliquent, selon eux, sans discussion réelle ni recours clair. Autant d’éléments qui alimentent un sentiment d’impuissance et préparent, à nouveau, le terrain d’un bras de fer.
La question n’est donc plus seulement celle d’une augmentation, mais celle d’une méthode : transparence, justification, concertation. À défaut, le risque est d’installer durablement une fracture entre familles et établissements, au moment même où l’école a besoin de confiance pour fonctionner.
Par Jalil Nouri











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