Le président américain Donald Trump a confirmé jeudi le déploiement d’une force militaire considérable en direction de l’Iran, marquant une escalade notable dans les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran. Cette annonce survient alors que le chef d’État américain déclare surveiller de près la situation iranienne depuis l’avion présidentiel.
Trump a révélé avoir adressé des avertissements directs au régime iranien concernant l’exécution de condamnés à mort, affirmant que ses menaces ont permis d’empêcher 837 exécutions prévues. Le président américain a précisé que son pays acheminait actuellement un nombre important de navires de guerre vers la région, y compris un porte-avions, tout en exprimant son souhait d’éviter toute escalade militaire supplémentaire.
Le porte-avions américain Abraham Lincoln, accompagné de plusieurs destroyers et avions de chasse, a quitté la zone Asie-Pacifique la semaine dernière en direction du Moyen-Orient. Ces mouvements militaires interviennent dans un contexte de tensions accrues suite à la répression violente des manifestations qui ont secoué l’Iran ces dernières semaines. L’arrivée de ce groupe aéronaval est attendue dans les prochains jours, selon deux responsables américains.
Les autorités militaires américaines examinent également l’envoi de systèmes de défense aérienne supplémentaires dans la région, témoignant de la gravité de la situation. Historiquement, les États-Unis renforcent leur présence militaire au Moyen-Orient lors de périodes de tensions régionales, bien que ces déploiements revêtent généralement un caractère défensif selon les experts.
Toutefois, l’été dernier, l’armée américaine avait massé des renforts conséquents avant de frapper trois sites nucléaires iraniens en juin 2025. L’administration américaine s’était alors félicitée du secret absolu qui avait entouré cette opération militaire, rendant l’attaque totalement imprévisible pour Téhéran.
Trump avait précédemment menacé à plusieurs reprises d’intervenir contre l’Iran en raison de la répression des manifestants. Néanmoins, les protestations ont diminué la semaine passée, entraînant un assouplissement du discours présidentiel américain. Le président a d’ailleurs orienté son attention vers d’autres dossiers, notamment son projet d’annexion du Groenland.
Mercredi, Trump a exprimé son espoir d’éviter une nouvelle action militaire contre l’Iran, mais a fermement averti que Washington réagirait si Téhéran relançait son programme nucléaire. Lors d’un entretien accordé à la chaîne CNBC depuis Davos, il a clairement indiqué que l’Iran ne pouvait pas poursuivre ses activités nucléaires, faisant référence aux frappes aériennes précédentes. Il a ajouté que si Téhéran s’engageait dans cette voie, l’opération se répéterait.
Au moins 7 mois se sont écoulés depuis la dernière vérification effectuée par l’Agence internationale de l’énergie atomique concernant les stocks iraniens d’uranium hautement enrichi. Pourtant, les directives imposent que ces inspections soient menées mensuellement. L’Iran devrait soumettre un rapport à l’agence concernant le devenir des installations frappées par les États-Unis et les matières nucléaires qu’elles contenaient, notamment environ 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 pour cent, un niveau proche des 90 pour cent nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires.
Cette quantité suffirait, après enrichissement supplémentaire, à produire 10 bombes nucléaires selon les critères de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’incertitude demeure quant à une possible résurgence des manifestations en Iran, débutées le 28 décembre sous forme de rassemblements modestes au grand bazar de Téhéran pour protester contre les difficultés économiques avant de s’étendre à travers tout le pays.
L’agence de presse des militants des droits humains HRANA, organisation basée aux États-Unis, a documenté la mort de 4519 personnes lors des troubles, dont 4251 manifestants, 197 membres des forces de sécurité, 35 personnes de moins de 18 ans et 38 passants. L’organisation fait état de 9049 décès supplémentaires actuellement en cours de vérification.
Un responsable iranien a confirmé à l’agence Reuters que le nombre certifié de victimes jusqu’à dimanche dépassait les 5000 personnes, incluant 500 membres des forces de sécurité, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire que traverse le pays.











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