Ce matin, devant les entrées de plusieurs établissements du réseau d’enseignement français au Maroc, des parents d’élèves membres de l’UEFE ont franchi un cap rarement observé : une mobilisation visible, à visage découvert, au moment de l’arrivée des enfants, pour dénoncer une double inquiétude devenue, à leurs yeux, intenable. D’un côté, la flambée annoncée des frais de scolarité et l’apparition de nouveaux prélèvements ; de l’autre, un sentiment de recul pédagogique, avec des moyens jugés moins stables et une qualité d’encadrement qui ne suivrait plus l’effort financier demandé aux familles.
Dans les discussions entre parents, un mot revient : rupture de confiance. Les associations dénoncent une logique où les familles seraient de plus en plus mises à contribution pour absorber des charges transférées, dans un contexte budgétaire tendu autour de l’AEFE. Et surtout, elles demandent des garanties claires : transparence sur les décisions tarifaires, calendrier lisible, concertation réelle, mais aussi protection du “cœur pédagogique” — remplacement des absences, stabilité des équipes, continuité des options et des apprentissages.
Cette première action, organisée devant les écoles, se veut volontairement pacifique et symbolique : montrer que le sujet n’est plus un simple débat administratif, mais une inquiétude familiale, concrète, vécue. Les parents préviennent déjà : ce n’est qu’un début. D’autres étapes suivront — interpellations, rencontres, rassemblements — jusqu’à obtention de réponses jugées à la hauteur des enjeux.
Au-delà des chiffres et des décisions administratives, cette mobilisation porte avant tout des voix de parents. Parmi elles, celle de Salma, maman de deux filles scolarisées à l’école Pierre de Ronsard à Rabat, résume l’état d’esprit qui anime ce mouvement naissant :
« Je ne manifeste pas par plaisir, ni par provocation. Je manifeste par amour pour mes enfants. Les frais de scolarité sont déjà lourds pour beaucoup de familles, ils représentent un véritable sacrifice. Alors pourquoi faudrait-il encore les augmenter, sans explications claires ni garanties sur la qualité de l’enseignement ? On nous demande toujours plus d’efforts financiers, mais sans nous rassurer sur l’essentiel : la stabilité des enseignants, la continuité pédagogique, l’avenir scolaire de nos enfants. Nous avons choisi l’école française par confiance, pas pour vivre dans l’inquiétude permanente. Aujourd’hui, je suis là pour dire que cette école compte pour nous, et que nous refusons de la voir s’affaiblir. »
Une parole simple, mais lourde de sens, qui illustre la détermination de parents décidés à défendre non seulement un modèle éducatif, mais aussi un lien de confiance qu’ils espèrent voir restauré, dans l’intérêt premier des élèves.

Lcée Descartes
Ecole André Chenier










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