Rien ne va plus pour les dattes tunisiennes au Maroc, et inversement pour les dattes marocaines en Tunisie, dans une moindre mesure. À l’approche du mois sacré du Ramadan, une vive tension s’est installée sur les marchés, laissant entrevoir un bras de fer sans merci et l’application du principe de réciprocité adopté par les deux pays.
Avec des relations diplomatiques réduites au minimum et des ambassadeurs absents de leurs postes, sans aller jusqu’à la rupture, Rabat et Tunis ne sont plus depuis longtemps sur la même longueur d’onde maghrébine et ont vu leurs relations se dégrader après que la Tunisie a décidé de s’aligner sur la même ligne que l’Algérie, hostile au Royaume sur le dossier du Sahara marocain. Cette détérioration a coïncidé avec l’arrivée de l’actuel président tunisien Kaïs Saïed à la tête de son pays et n’a cessé de s’aggraver au fil des mois, au point de conduire à un quasi-gel des échanges entre les deux gouvernements, se traduisant directement sur l’activité économique.
Effectivement, et illustration de ce pourrissement, cette crise diplomatique a eu pour effet direct, cette année, l’arrêt de l’accès des fameuses dattes tunisiennes « Deglet Nour », très appréciées par les consommateurs marocains, sur le sol marocain, qui en seront privés durant ces prochaines semaines du mois sacré, et sans doute au-delà.
Des centaines de tonnes de ces dattes se trouvent bloquées dans le port de Casablanca et, en Tunisie, les autorités ont également bloqué l’accès aux dattes marocaines, habituellement écoulées dans des quantités moindres, car n’égalant pas les tunisiennes. À contrario, la Tunisie exporte habituellement près de 20 % de sa production au Maroc, ce qui lui causera cette année des pertes colossales.
Il faudra également compter sur les mêmes restrictions concernant les dattes algériennes, très consommées elles aussi malgré des appels à leur boycott. Une décision qui poussera enfin les Marocains à consommer à 100 % les dattes nationales, au grand bonheur des producteurs locaux qui se plaignaient de la rude concurrence imposée par leurs homologues tunisiens et algériens. La guerre des dattes aura lieu au Maghreb.
Par Jalil Nouri











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À quand des sardines marocaine et autres poissons marocains, au lieu de poissons congelés égyptien ? ET on exporte les intermédiaires et autres suceurs du sang des marocains, allons jusqu’au bout de cette logique.