La Cour des Comptes a dévoilé des chiffres alarmants dans son rapport annuel publié mercredi 28 janvier 2026, révélant que seulement 18% des recommandations programmées jusqu’à fin 2024 ont été pleinement exécutées. Sur un total de 300 recommandations, seules 54 ont été complètement réalisées, un taux identique à celui enregistré dans le rapport précédent couvrant les années 2023-2024.
Le document révèle qu’une proportion importante de 47% de ces recommandations, soit 141 au total, demeure en cours de réalisation, affichant toutefois une hausse de cinq points par rapport au suivi précédent. Plus préoccupant encore, 35% des recommandations n’ont même pas fait l’objet d’un début d’exécution, ce qui représente 105 recommandations totalement ignorées par les administrations concernées.
Ce suivi concerne les recommandations émises dans le cadre des missions de contrôle réalisées au titre des programmes de travail annuels de la Cour durant la période 2023-2024. Pour la première fois, 188 recommandations issues de 18 missions de contrôle ont fait l’objet d’un suivi, en plus de l’exécution d’un total de 980 recommandations émises dans le cadre de 114 missions de contrôle.
Au niveau des Cours Régionales des Comptes, le rapport fait état de l’exécution de 45% des recommandations, totalisant 614 recommandations mises en œuvre, contre un début d’exécution pour 43% d’entre elles, soit 582 recommandations. En revanche, 12% des recommandations, au nombre de 157, n’ont pas du tout été lancées.
La Cour souligne que la mise en œuvre de ces recommandations a généré des améliorations tangibles dans la gestion de certains services publics, la rationalisation des dépenses et le renforcement du recouvrement des recettes. Les recommandations exécutées, qu’elles soient totalement ou partiellement, ont permis de réaliser des impacts positifs sur la gestion des affaires publiques, notamment en matière de gouvernance territoriale et de finances publiques, ainsi que dans certains secteurs sociaux.
Toutefois, la Cour a enregistré la persistance de blocages dans l’exécution d’un nombre important de recommandations, particulièrement celles liées au secteur de la santé. Aucun progrès n’a été constaté concernant les recommandations portant sur l’évaluation de la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés, la gestion de plusieurs centres hospitaliers, la gestion des ressources humaines au ministère de la Santé et de la Protection Sociale, ainsi que le système de formation aux métiers de la santé.
Le secteur de l’éducation et de l’enseignement connaît la même situation, notamment pour les recommandations relatives à la gestion des ressources humaines, la scolarisation en milieu rural, les écoles communautaires, ainsi que la formation initiale et continue des cadres du corps enseignant.
Dans le cadre de la nouvelle approche adoptée par la Cour, qui consiste à suivre chaque recommandation individuellement jusqu’à sa mise en œuvre complète, le suivi des recommandations non entièrement exécutées durant la période 2019-2023 s’est poursuivi. Il s’agit de 792 recommandations émises dans le cadre de 96 missions de contrôle, à moins que des développements nouveaux rendent leur exécution impossible.
Concernant les facteurs expliquant la non-exécution de certaines recommandations, le rapport les attribue au fait qu’un nombre d’entre elles sont liées à des réformes et programmes à dimension stratégique nécessitant des délais plus longs et requérant une coordination entre plusieurs secteurs et institutions publiques. S’y ajoutent des recommandations à caractère juridique ou institutionnel dont l’exécution est soumise au processus législatif et réglementaire.
Le solde reporté, qui englobe les recommandations encore en cours d’exécution ou celles dont la mise en œuvre n’a pas encore débuté, s’est établi à 922 recommandations au titre de la période 2023-2024, contre 872 recommandations durant la période 2024-2025, enregistrant une légère baisse de 5%.
En revanche, le nombre de recommandations partiellement réalisées a augmenté de 491 à 606 recommandations, soit une hausse de 23%, ce qui reflète qu’une grande partie des recommandations est toujours en cours de réalisation.
La Cour a constaté que 37% des recommandations reportées n’ont connu aucun progrès concret par rapport à l’année dernière, sans que les entités concernées ne fournissent d’explications suffisantes, notamment celles liées aux grands chantiers tels que la régionalisation avancée, l’emploi des jeunes et la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique.
S’agissant de la réforme des systèmes de retraite dans le secteur public, la Cour a souligné l’importance de mettre en œuvre les recommandations émises à ce sujet, compte tenu des défis liés à la pérennité de ces systèmes, l’épuisement prévu de leurs réserves à court et moyen terme, et leur impact direct sur l’équilibre des finances publiques.
Malgré le taux limité de recommandations pleinement exécutées, le rapport conclut à l’enregistrement d’effets positifs résultant de la mise en œuvre d’un certain nombre de recommandations, qu’elles soient totales ou partielles, concernant les domaines de la gouvernance, des finances publiques, des secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi que la lutte contre l’analphabétisme, tout en insistant sur la nécessité de redoubler d’efforts pour garantir une exécution complète et atteindre l’impact escompté sur le terrain.











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