L’enseignement supérieur, dans l’ensemble des universités du pays, s’achemine vers de fortes perturbations, voire des paralysies, à la suite de mouvements de protestation menés par les syndicats d’enseignants et les étudiants, réunis dans un climat particulièrement tendu. Ces actions visent à exprimer un rejet ferme de la réforme proposée par le ministre de l’Enseignement supérieur.
Les grèves, actuellement à un stade avancé de préparation et de coordination, sont prévues pour les premiers jours du mois de février, avec la possibilité de prolongations. Le mouvement entend, dans un premier temps, obtenir le gel de l’application des articles 59 et 24 de cette réforme, avant d’exiger son retrait pur et simple au niveau législatif, malgré son adoption par le Parlement le 21 janvier. L’Exécutif, pour sa part, avait déjà entériné le texte depuis plusieurs mois, lui apportant un soutien sans réserve.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Azzedine Midaoui, se trouve ainsi confronté à la phase la plus délicate de son mandat, face à une fronde d’envergure qu’il lui faudra désormais contenir. Dans ses grandes lignes, cette réforme est jugée largement impopulaire par le corps enseignant, les syndicats et une grande partie des étudiants, qui dénoncent les risques qu’elle ferait peser sur l’autonomie universitaire et la gouvernance des établissements, ainsi que son orientation jugée excessivement libérale, d’inspiration thatchérienne.
Il est également reproché au ministre d’avoir accéléré le processus d’adoption du texte, en l’absence de réelle concertation ou de négociation avec les principaux concernés, laissés, de facto, à l’écart des discussions.
Historiquement, les grèves dans l’enseignement supérieur, plus encore que dans le secondaire, constituent des périodes sensibles, susceptibles de provoquer un effet de contagion vers d’autres secteurs sociaux et de conduire à une montée des tensions, parfois jusqu’au retrait des textes contestés.
Toutefois, le bras de fer engagé semble sans issue immédiate, le texte ayant déjà été adopté par le Parlement, rendant tout retour en arrière hautement improbable, sauf cas de force majeure. Si le gouvernement a jusqu’ici réussi à surmonter plusieurs crises sociales, notamment celles liées à l’enseignement secondaire, l’opposition actuelle apparaît plus structurée, plus déterminée, et prête à aller jusqu’au spectre redouté d’une année universitaire blanche.
Par Jalil Nouri










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