Lors de l’âge d’or de la télévision, que j’ai vécu aux premières loges en tant que présentateur de la nouvelle formule inédite du journal télévisé, j’ai eu l’occasion de rencontrer cette icône de la chanson marocaine aux abords du siège de la RTM, rue Al Brihi à Rabat, où il s’apprêtait à entrer dans un studio d’enregistrement pour une chanson.
Affable et chaleureux, cet artiste incomparable m’a interpellé pour me confier qu’il suivait mes apparitions sur le petit écran, avant que je ne lui fasse part de toute mon admiration depuis ses premiers succès, que je connaissais sur le bout des doigts. Il m’a alors demandé de nous revoir, en échangeant nos coordonnées, et la seconde occasion devait se présenter au Festival des Musiques Sacrées de Fès, où il était invité à se produire et à chanter, pour la première fois, son succès mémorable Al Mounafarija.
À la fin de sa prestation remarquable, je me suis précipité dans les coulisses pour le féliciter et le remercier de nous avoir émus par son talent, sa voix et son humanisme.
Il avait bouleversé jusqu’aux larmes et aux évanouissements le public de Bab Al Makina, où sa voix résonnait merveilleusement dans un silence parfait, frisant le recueillement.
J’avais rarement vu un tel public, envoûté par la voix, la spiritualité et les textes d’une telle œuvre. Je lui confiais à mon tour toute ma gratitude pour sa magie et son aura.
Je n’ai plus jamais entendu parler de lui, sauf par bribes éparses évoquant son éloignement de la scène artistique, que j’ai toujours considéré comme la plus grande perte pour la scène artistique nationale et pour la chanson marocaine. Mais tel était son choix, et sa fidélité à ses principes jusqu’à sa mort, survenue hier. Qu’il repose en paix, selon la volonté du Divin.
Par Jalil Nouri



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