La tension monte d’un cran dans le bras de fer opposant les avocats au ministère de la Justice. Réuni à Rabat, le Bureau de l’Association des barreaux du Maroc a acté la poursuite de l’arrêt total du travail, faute de « signaux concrets » du gouvernement répondant aux revendications de la profession. Résultat immédiat : une justice ralentie, des audiences reportées, et un climat d’impasse qui commence à inquiéter bien au-delà des robes noires.
Au cœur de la contestation, le projet de loi 66.23 (souvent cité aussi sous une numérotation proche dans le débat public), que les avocats rejettent frontalement. L’Association estime que le texte, tel qu’il est porté, remet en cause les équilibres encadrant la profession et appelle à son retrait pour rouvrir des discussions dans un cadre réellement participatif, associant les représentants des barreaux.
La mobilisation prend désormais une dimension nationale. La profession a maintenu un arrêt total des services sur la période annoncée du 26 janvier au 1er février 2026, tout en programmant une séquence médiatique et de rue : conférence de presse le 3 février, puis grand sit-in devant le Parlement et actions de mobilisation à Rabat le 6 février.
Dans cette escalade, un point cristallise aussi les crispations : le boycott des plateformes judiciaires numériques et la suspension du paiement électronique des frais judiciaires, utilisés comme leviers de pression dans le rapport de force.
En parallèle, l’Association annonce son intention de saisir le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire afin d’examiner des mécanismes de protection des droits des justiciables et de garantie des droits de la défense durant la période de blocage.
Du côté de l’Exécutif, le texte a déjà franchi une étape politique importante : le gouvernement a acté l’adoption du projet en Conseil, en le présentant comme une réforme visant la modernisation du cadre de la profession. Mais sur le terrain, la défiance reste entière et le dialogue apparaît, pour l’heure, suspendu à une réponse officielle susceptible de désamorcer la crise.
En attendant, aucun calendrier de reprise n’est annoncé. Et plus les jours passent, plus l’impasse se transforme en risque institutionnel : celui d’une justice durablement grippée, au moment même où les citoyens attendent des procédures plus rapides, plus lisibles et plus accessibles.
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Un projet de loi profondemment anti constitutionnel car portant déliberemment atteinte au principe sacro-saint de l’autonomie de l’une des composantes des professions de de la justice , laquelle justice doit être entourée par toutes les garantie de l’autonomie et de l’absence de toutes intrusions du pouvoir éxecutif