La relation algéro-émiratie vient de franchir un nouveau palier de crispation, avec une décision à forte portée symbolique: Alger a lancé la procédure d’annulation de l’accord de services aériens conclu avec Abou Dhabi en mai 2013 et ratifié fin 2014, en s’appuyant sur les mécanismes prévus par le texte (notification diplomatique et information de l’OACI).
Sur le papier, l’acte relève du droit. Sur le fond, il expose surtout les limites d’une diplomatie algérienne de plus en plus réactive, punitive et peu lisible: aucune explication officielle détaillée, mais une escalade assumée, au moment où les Algériens – voyageurs, étudiants, opérateurs économiques – risquent d’en payer le prix par la réduction des liaisons, des échanges et de la fluidité régionale.
Cette rupture procédurale s’inscrit dans un climat de défiance installé depuis plusieurs années. Des médias algériens accusent l’UAE d’attiser des tensions et de s’ingérer; le président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même laissé entendre, en octobre 2025, que les relations avec «tous les pays du Golfe» étaient bonnes sauf avec un seul, une allusion largement interprétée comme visant Abou Dhabi. De son côté, Al Araby Al Jadeed évoque une «crise silencieuse» depuis 2020 et relate des accusations algériennes allant jusqu’à l’idée d’un soutien émirati à des acteurs hostiles à “l’unité nationale”.
Plus révélateur encore: la tonalité publique se durcit, jusque dans les réactions sur les réseaux. Le site Hibapress rapporte les propos d’un activiste émirati disant espérer une rupture «sans retour» après l’annonce algérienne.
Au final, ce dossier illustre une diplomatie algérienne qui confond démonstration de fermeté et stratégie, multiplie les coups d’éclat sans pédagogie, et transforme les relations internationales en bras de fer permanent—au risque d’isoler davantage le pays au lieu de sécuriser ses intérêts.










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