La localité de Ksar Ich, dans la province de Figuig, a connu ces derniers jours une montée de tension qui rappelle à quel point la frontière maroco-algérienne demeure un espace sensible, où le moindre geste peut produire un effet politique. Selon des récits relayés par plusieurs médias, des éléments de l’armée algérienne se seraient rapprochés du dernier point frontalier de la zone, avec des mouvements jugés inhabituels et un traçage unilatéral des limites, matérialisé par des marques au sol et des repères installés sur le terrain.
Dans ce contexte tendu, des riverains font état de tirs en l’air dits “d’avertissement”, perçus sur place comme une démonstration de force et un signal d’intimidation, bien davantage que comme une réaction à un incident avéré. L’effet est immédiat : anxiété diffuse, repli de certains agriculteurs loin des parcelles proches de la zone contestée, et sentiment d’insécurité alimenté par images et témoignages relayés en ligne. Cette séquence rappelle de graves précédents à la frontière maroco-algérienne, notamment l’exécution de trois citoyens marocains et des tentatives de spoliation de terres, interprétées comme des provocations destinées à masquer l’échec diplomatique du régime militaire.
Côté marocain, la posture décrite est celle de la retenue : surveillance, remontée d’informations et traitement par les canaux institutionnels, afin d’éviter une escalade sur le terrain. Cette différence d’attitude alimente, dans l’opinion, l’idée d’une frontière “test”, où Alger chercherait à imposer un fait accompli à bas bruit, pendant que Rabat privilégie la maîtrise et le droit.
La séquence est désormais entrée au Parlement : le député Omar Aânane a adressé une question au ministre des Affaires étrangères, demandant des clarifications et des mesures pour rassurer les populations et préserver la stabilité. Au-delà de l’incident, l’épisode révèle une réalité persistante : tant que les mécanismes de dialogue restent gelés, la frontière continuera d’être le théâtre de gestes symboliques… dont les premiers otages sont les habitants.



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