La fièvre de la contestation autour du niveau des frais de scolarité s’est répandue comme une traînée de poudre dans plusieurs villes du Maroc, après un début mouvementé à Casablanca et à Rabat.
Les parents d’élèves fréquentant ces établissements, qui se sont retrouvés exposés, sans préavis, à des hausses jugées abusives des frais de scolarité dans le cadre d’une spirale continue d’année en année, poursuivent leur mobilisation. Ils relaient les mots d’ordre et les dates des manifestations afin de donner au mouvement une tournure plus accentuée, en comparaison avec les formes de protestation précédentes.
Cette fois-ci, il semble bien que les nouvelles hausses vertigineuses aient été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, au point d’inciter le Sénat français à s’intéresser au dossier et à envisager l’envoi d’une commission d’enquête dans les villes où le mouvement a le plus pris d’ampleur. L’affaire s’est d’ailleurs vu consacrer de larges espaces dans les médias, aussi bien au Maroc qu’en France, où l’on craint une contagion plus générale à d’autres pays.
En attendant que cette commission entame sa visite et que le Sénat en publie les conclusions, il existe de fortes chances de voir les parents hausser le ton, adopter une position inflexible et envisager d’autres moyens pour pousser à l’abolition pure et simple de l’actuelle politique tarifaire suivie par l’organisme gestionnaire du réseau de ces établissements, l’AEFE (Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger), au cœur de ce bras de fer. Une certitude, en tout cas : il n’est pas prévu, à ce jour, de mener une quelconque action conduisant à l’arrêt des cours ou à l’occupation des locaux scolaires, bien que la colère ait atteint un niveau inédit.
N’est-il pas urgent, au lieu d’attendre la visite d’une délégation du Sénat dont le rendu nécessitera du temps, de faire nommer par le ministère des Affaires étrangères un émissaire au fait du dossier afin d’engager un dialogue serein et constructif avec les parents ?
Par Salma Semmar











Contactez Nous