Le Maroc renoue avec un niveau de confort hydrique qu’il n’avait plus connu depuis plusieurs années. Au dimanche 15 février 2026, le taux global de remplissage des barrages a franchi la barre des 70% (70,37%), avec des réserves proches de 11,8 milliards de m³. À la même période en 2025, le pays évoluait dans un tout autre décor : 27,60% seulement et environ 4,6 milliards de m³ stockés, soit un gain de plus de 7 milliards de m³ en un an.
Ce rebond spectaculaire s’explique par une séquence météorologique particulièrement généreuse, mêlant pluies soutenues et apports neigeux dans plusieurs régions. Selon des données consolidées par la Direction générale de la météorologie, le début de l’hiver 2025-2026 figure, à ce stade, parmi les trois débuts d’hiver les plus arrosés de l’historique moderne des mesures, derrière 1996 et 2010.
Dans le détail, certains bassins affichent des niveaux qui frisent la pleine capacité. Le Loukkos dépasse les 93–94%, le Sebou franchit les 91% avec un stock autour de 5 milliards de m³, et le Bouregreg se maintient au-dessus des 90%, de quoi soulager sensiblement l’axe Rabat–Casablanca en eau potable. Dans le Souss-Massa, région historiquement sous pression à cause de l’irrigation, les retenues ont nettement progressé et le barrage Aoulouz est signalé comme quasiment/totalement rempli selon les bilans régionaux publiés début février.
L’embellie la plus scrutée concerne toutefois les bassins qui symbolisaient la crise. L’Oum Er-Rbia, longtemps au plus bas, sort progressivement de la zone rouge : la remontée des niveaux, confirmée par les suivis nationaux, redonne de l’air à des barrages stratégiques et permet d’envisager des dotations d’irrigation moins contraignantes.
Les conséquences attendues sont immédiates : sécurisation de l’eau potable, reprise plus sereine des campagnes d’irrigation dans les plaines agricoles, et contribution à la recharge des nappes, très sollicitées pendant les années de sécheresse. Mais l’amélioration ne signe pas la fin des vulnérabilités. Les spécialistes rappellent que l’alternance d’épisodes extrêmes (sécheresse prolongée puis pluies intenses) s’installe comme une nouvelle norme, imposant une gestion plus rationnelle et plus économe, même lorsque les barrages redeviennent pleins.










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