Des rivières comme s’il en pleuvait et un torrent de solidarité, comme si des inondations ou toute autre catastrophe naturelle avaient le pouvoir de faire resurgir ce qu’il y a de plus noble chez les Marocains !
Quand les éléments se déchaînent avec une violence inouïe, les sociétés humaines se retrouvent face à une vulnérabilité qui les prend de court. Un déluge de mauvais temps, alors que d’habitude, pour les agriculteurs, le beau temps, c’est lorsque le ciel nous gratifie d’abondantes pluies bienfaitrices !
Certes, personne ne s’attendait à une période d’alerte maximale après ce déluge de pluies diluviennes ! Même les plus optimistes des experts et spécialistes de la météorologie n’avaient pas prévu un tel acharnement des éléments !
Un véritable déluge d’intempéries, avec des rivières comme s’il en pleuvait, et surtout un passage brutal d’une période de longue sécheresse vers une succession de grosses dépressions ayant entraîné un volume d’intempéries incroyablement impressionnant en un laps de temps très court.
Des rivières comme s’il en pleuvait !
S’il est communément admis que gouverner, c’est prévoir, dorénavant il faudra prévoir tous les imprévus quand il va beaucoup pleuvoir, surtout dans un pays semi-aride soumis à des sécheresses chroniques.
Gouverner, c’est prévoir !
Certains vous diront, par fatalisme, que des inondations, il y en a régulièrement aux États-Unis, au Japon, au Bangladesh, en France ou en Espagne, et que c’est la volonté divine qui a fait en sorte que des catastrophes similaires aient eu lieu au Maroc, à Safi tout récemment, puis à Ksar El Kebir et dans la région du Gharb.
Oui, dans toute urgence climatique et dans toute perturbation météorologique, les sociétés humaines redécouvrent leur soudaine vulnérabilité face aux aléas, imprévisibles ou non, qui peuvent survenir.
Mais où est la responsabilité de l’humain ?
Il y a un aspect politique, avec ces conventions internationales et ces engagements pris par le Royaume du Maroc dans le cadre de la Convention des Nations unies pour la lutte contre les changements climatiques. Des engagements internationaux qui tardent à être déclinés, sur le plan local, en plans d’atténuation et d’adaptation aux effets du dérèglement climatique dans chaque région du Royaume.
Avec les wilayas, les régions et les autorités locales chargées de la gestion de ces plans en anticipant les crises. Et lorsque ces engagements ne sont pas concrétisés ni institutionnalisés, il revient, en principe, à la société civile de monter au créneau, et aux deux Chambres du Parlement d’ordonner des évaluations des politiques publiques, comme le stipule et le permet la Constitution, afin de contrôler l’action de l’exécutif en la matière, le gouvernement devant surtout rendre des comptes à ce sujet.
Pour retenir les leçons des récentes inondations, il n’est absolument pas vital de faire l’impasse sur la responsabilité politique, car à l’heure qu’il est, en 2026, aucune région n’est dotée d’un plan d’atténuation des effets du dérèglement climatique et de renforcement des capacités d’adaptation aux phénomènes climatiques extrêmes.
Il est désormais urgent et vital de retenir les leçons qui s’imposent, car malheureusement, les épisodes très pluvieux seront désormais assez fréquents dans plusieurs régions du Royaume.
Une tempête détruit ce qui n’est pas solide et révèle ce qui l’est vraiment !
Exit les vautours qui exploitent, sans aucun état d’âme, la détresse des citoyens lors des catastrophes naturelles, et ceux qui en profitent, sans foi ni loi, sur les réseaux sociaux. Avec le recul nécessaire, on ne jettera pas le bébé avec l’eau du bain, car si une tempête détruit et balaie ce qui n’est pas solide, elle révèle en même temps ce qui l’est vraiment.
À ce sujet, on a vécu un très grand moment de dévouement des services de secours et une extraordinaire réponse de l’État, lors de l’évacuation de 150 000 personnes, ainsi qu’un torrent de compassion et de solidarité chez les Marocains, quoique pas tous, il faut bien le reconnaître.
Oui, le Marocain moyen, voire très moyen, est d’ordinaire, c’est-à-dire en temps normal, grincheux, grognon, quelquefois de mauvaise foi et désagréable.
Il ne vous laissera pas la priorité sur la route, il ne fera pas preuve de civisme au volant et dans l’espace public ; il pourrait même être un tantinet tricheur ou carrément malhonnête, sans jugement de valeur aucun. Mais les récentes inondations ont fait ressurgir ce qu’il y a de meilleur, de plus beau et de plus noble chez chaque Marocain.
On aura constaté la meilleure version de la société marocaine, avec des gens prêts à tout donner pour venir en aide aux sinistrés, offrant le gîte et le couvert à des inconnus, même en n’ayant que très peu à offrir.
Dieu reconnaît toujours les siens. Amen.
Hafid Fassi Fihri


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Il en restera toujours quelque chose, car ces épisodes de grosses pluies seront très fréquents à l’avenir et devront désormais être l’objet de plans de prévention..