Il s’agit de la bonne nouvelle cinématographique de ce début d’année 2026 : le chef-d’œuvre Le Mirage, du regretté réalisateur marocain Ahmed Bouanani, a été projeté en sélection officielle à la Biennale de Berlin, un festival célébré et très respecté par les professionnels.
Ce film, basé sur un récit social d’une grande simplicité, donne à voir un Maroc confronté aux mutations des années 70, sur fond de lutte pour les droits de l’Homme, à travers la voix et l’expression d’artistes engagés, pour la plupart tombés dans l’oubli, le tout avec une approche marquée par la profondeur propre au cinéma de vérité.
Très attendu par les cinéphiles, Le Mirage marque le début du cinéma d’auteur incarné par Bouanani et que l’on a failli voir sombrer dans l’oubli, n’eût été la détermination de la fille du cinéaste, qui a veillé à sa restauration avec le soutien de la directrice de la Cinémathèque marocaine, la réalisatrice Narjiss Nejjar. Toutes deux étaient présentes à Berlin pour accompagner la participation du film restauré à la compétition officielle, suscitant déjà de nombreux échos favorables auprès des professionnels avant même sa projection.
Il est fortement conseillé aux jeunes comme aux moins jeunes d’aller découvrir ce chef-d’œuvre ressuscité et restitué dans toute son intégrité, pour une immersion fidèle dans les années 70. Pour les amateurs de techniques cinématographiques, l’œuvre demeure une véritable leçon de 7ᵉ art, portée par une excellente maîtrise du sujet et de sa mise en forme.
Hommage doit également être rendu à sa fille, Touda, dont le mérite a été, depuis le début, de mobiliser tous ses efforts afin que le film de son père retrouve une seconde vie, après n’avoir pas reçu le succès qu’il méritait lors de sa première sortie. Aujourd’hui, il connaît enfin son apothéose au Festival de Berlin, sous les acclamations d’un public de fins connaisseurs.
Par Jalil Nouri



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