La situation ne s’arrange guère et tend même à empirer dans les établissements relevant de l’AEFE, l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, en raison du bras de fer engagé par les parents d’élèves face à la hausse jugée abusive des frais de scolarité, et qui semble bien parti pour durer cette année.
Bien qu’un début d’accord se soit profilé avec une baisse des montants exigés, celui-ci s’est par la suite avéré insuffisant aux yeux des associations de parents, qui ont rejeté la proposition. Le durcissement s’est alors manifesté par une mobilisation dans plusieurs écoles primaires de Rabat et de Kénitra, où des classes sont restées fermées une partie de la semaine dans le cadre de l’appel à une opération « classes mortes » initiée par ces dernières.
Il s’agit de la première mesure de ce type, qui laisse entrevoir d’autres actions. Car la position des parents d’élèves ne bougera pas d’un iota si, comme ils le précisent, l’AEFE n’adopte pas le principe d’une baisse effective des frais dès le paiement du troisième trimestre. Mais cette éventualité reste peu probable en raison du raidissement actuel, scruté de très près à Paris, où cette crise commence à prendre des proportions préoccupantes.
Au-delà du différend financier, ce bras de fer révèle une inquiétude grandissante au sein des familles marocaines de classe moyenne, pour lesquelles l’enseignement français représente souvent un investissement stratégique pour l’avenir de leurs enfants. L’augmentation continue des frais de scolarité menace désormais l’accès à ce modèle éducatif pour une frange de parents qui se disent déjà fragilisés par l’érosion du pouvoir d’achat.
L’inflexibilité a été aggravée récemment après le rejet, par les services de l’ambassade, de l’argumentaire avancé par les parents concernant les hausses successives.
Cette crise, suivie de près à Paris, pourrait ainsi dépasser le simple cadre scolaire pour prendre une dimension diplomatique, dans la mesure où le réseau AEFE constitue l’un des principaux instruments de rayonnement éducatif et culturel de la France à l’étranger.
Les parents attendent toujours la délégation que le Sénat français compte dépêcher au Maroc, sur laquelle reposent leurs minces espoirs de voir leur cause entendue. En attendant, ces perturbations continueront à rythmer le quotidien dans les écoles, créant une pression psychologique sur des enfants en bas âge, ignorant tout ou presque des enjeux qui se jouent sous leurs yeux dans les cours de récréation et autour d’eux, à travers les discussions des parents en colère à la sortie des classes.
En attendant une issue, ce sont les élèves qui demeurent les premiers otages d’un conflit dont les répercussions risquent de s’inscrire durablement dans le calendrier scolaire et dans le climat éducatif des établissements concernés.
Par Salma Semmar










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Et si les parents décident de quitter ces établissements vers d’autres marocains de renommée et qui existent,?