Le Maroc entrevoit enfin une embellie sur le front de l’eau. Après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse, le niveau de remplissage des barrages affiche cette année une progression spectaculaire, signe d’un répit très attendu pour un pays confronté depuis plusieurs saisons à un stress hydrique persistant. Selon les données officielles relayées ces derniers jours, le taux global de remplissage des barrages du Royaume a atteint 70,93 %, contre 30,42 % à la même période de l’an dernier, avec des réserves dépassant désormais 12,3 milliards de mètres cubes.
Cette remontée s’explique d’abord par les précipitations abondantes enregistrées ces derniers mois, mais aussi par les efforts engagés pour renforcer les capacités de stockage et mieux sécuriser l’approvisionnement en eau. La capacité normale totale des barrages marocains est estimée à 17,348 milliards de mètres cubes, ce qui donne la mesure du bond réalisé en quelques mois.
Dans cette dynamique, les bassins du nord se distinguent nettement. Le Loukkos culmine à 91,71 %, avec plusieurs barrages affichant un remplissage complet, tandis que le Bouregreg atteint 92,73 %, en très forte hausse par rapport à l’an dernier. Le Sebou, qui concentre la plus grande capacité de stockage du pays, conserve lui aussi un niveau confortable avec 83,63 % et plus de 4,6 milliards de mètres cubes stockés.
Cette amélioration n’efface toutefois pas toutes les fragilités. Dans le sud, les contrastes demeurent marqués : Souss-Massa se situe à 54,85 %, Drâa-Oued Noun à 35,81 %, tandis que le bassin de l’Oum Er-Rbia remonte à 53,36 %, même si le barrage Al Massira reste en retrait avec 32,14 %.
Au-delà des chiffres, cette évolution favorable redonne de l’espoir sans autoriser le relâchement. Car dans un contexte de changement climatique, la question de l’eau reste plus que jamais un enjeu stratégique national.











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