Le football national espagnol est à la veille d’une grave crise, probablement la fin d’une ère sans problèmes majeurs comme celui du racisme qui le mine aujourd’hui et qui risque de lui faire perdre ses pépites binationales, dont certains lui ont préféré les Lions de l’Atlas.
L’exemple le plus parlant aujourd’hui est le cas de Brahim Diaz, joueur talentueux du Real Madrid devenu cadre de l’équipe nationale marocaine, qui pourrait y être rejoint par des stars, et non des moindres, comme le Barcelonais Lamine Yamal, qui n’en peut plus de subir les pires insultes et les railleries les plus graves sur ses origines et sa religion. Il en existe d’autres qui espéreraient également quitter le championnat espagnol, la Liga, et refuser de répondre aux convocations de la Roja, l’équipe nationale espagnole.
L’ambiance dans les stades, depuis que l’extrême droite xénophobe monte en puissance, est devenue intenable, et les joueurs, écœurés par l’hostilité et les slogans assourdissants repris en écho dans les enceintes sportives, ne pensent plus qu’à changer d’air, y compris au détriment de leurs revenus exorbitants. L’heure du choix a sonné pour certains, alors qu’ils avaient refusé de porter les couleurs du Maroc un certain temps.
Bien qu’il soit très riche, le jeune prodige du Barça ne supporte plus de fouler des pelouses où pleuvent les cris de haine et d’intolérance en raison de sa couleur et de son origine marocaine par son père, au point de perturber son jeu et d’aller jusqu’à se faire accompagner par des vigiles lors du retour aux vestiaires. Ce climat pourrait également avoir des répercussions sur sa santé et son moral, le déstabilisant profondément.
Car malgré toutes les sanctions prises et la sévérité du règlement élaboré pour lutter contre le racisme dans les stades, le football espagnol est aujourd’hui de plus en plus gangrené par une xénophobie ambiante, elle-même alimentée par une extrême droite dont les militants ont envahi les stades pour mener la vie dure aux joueurs de couleur. Ces derniers s’en donnent à cœur joie dans les propos insultants et les gestes d’hostilité, cherchant à écœurer les joueurs étrangers, accusés de prendre la place de leurs homologues 100 % espagnols et d’envahir le football de leur pays, désormais livré à des hordes de racistes intolérants, dans des stades où un tel phénomène est pourtant censé être proscrit par la loi et la culture d’un peuple jadis accueillant.
Par Jalil Nouri












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