Au Maroc, on préfère souvent contourner les vraies questions. On parle de patriotisme, d’attachement au drapeau, de fierté nationale, mais on évite d’affronter une réalité qui saute pourtant aux yeux : si autant de Marocains rêvent d’une double nationalité européenne, canadienne ou américaine, ce n’est pas par simple caprice administratif ni par goût du voyage. C’est d’abord le symptôme d’un malaise.
Car derrière la course au second passeport se cache une vérité dérangeante : beaucoup ne cherchent pas seulement un autre pays, ils cherchent une autre garantie de vie. Une justice plus rassurante, une école plus solide, un système de santé plus crédible, un horizon plus lisible pour leurs enfants. Le problème n’est donc pas l’ailleurs. Le problème, c’est ce que certains ne trouvent plus suffisamment ici.
Et pourtant, le plus frappant reste le regard porté sur les binationaux. Le Marocain les admire, les envie, les critique, puis rêve secrètement de leur ressembler. Il les accuse d’avoir “un pied dedans, un pied dehors”, mais il sait au fond que ce reproche traduit surtout une frustration : celle de voir dans l’autre une protection qu’il n’a pas lui-même. Le binational devient alors moins un traître qu’un révélateur.
Il faut avoir le courage de le dire : lorsqu’un grand nombre de citoyens aspirent à une seconde nationalité, ce n’est pas seulement une affaire de mobilité, c’est un vote silencieux de défiance. Un pays sûr de lui ne pousse pas ses enfants à chercher un parachute ailleurs.
La double nationalité n’est ni un crime ni une trahison. Elle est le thermomètre d’une société. Et quand ce thermomètre monte autant, le plus grave n’est pas que les Marocains veuillent partir un jour. Le plus grave, c’est qu’ils ne soient plus certains de pouvoir tout miser sur leur propre pays.
Faut-il alors blâmer ceux qui cherchent ailleurs ce qu’ils estiment ne pas trouver ici, ou interroger collectivement les raisons profondes de cette quête silencieuse ? La double nationalité divise, interpelle et dérange, mais elle mérite surtout d’être discutée sans hypocrisie ni jugement hâtif. Car au fond, la vraie question reste entière :
Voulons-nous un pays que l’on aime seulement… ou un pays dans lequel on choisit de rester, sans avoir besoin d’un plan B ?
Le débat est ouvert.



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On peut continuer à faire semblant, mais la réalité est là : au Maroc, la double nationalité n’est plus une exception, c’est devenue une ambition silencieuse. Beaucoup critiquent les binationaux, les accusent d’avoir “un pied ici, un pied ailleurs”, mais combien refuseraient réellement un passeport européen, canadien ou américain s’il leur était offert demain ?
Soyons honnêtes : ce débat dérange parce qu’il touche à quelque chose de profond. La double nationalité n’est pas seulement un choix administratif, c’est un révélateur. Un révélateur de nos contradictions, de nos frustrations et parfois de notre manque de confiance dans notre propre système.
Le vrai problème n’est peut-être pas celui qui a deux nationalités mais celui qui n’en a qu’une et qui rêve d’en avoir une seconde sans oser l’avouer.
Arrêtons l’hypocrisie : beaucoup de binationaux ne cherchent pas à servir leur pays, mais à sécuriser leurs intérêts. Un pied au Maroc pour profiter des opportunités, un autre à l’étranger pour fuir au moindre problème. On parle d’ouverture, mais c’est souvent du calcul pur. Peut-on vraiment parler de patriotisme quand la loyauté devient à géométrie variable ? À force de vouloir le meilleur des deux mondes, certains finissent surtout par ne défendre aucun des deux.
Personnellement, je suis contre la double nationalité. D’abord, elle fragilise la loyauté envers le pays : on ne peut pas servir deux États avec la même sincérité. Ensuite, elle crée une inégalité entre citoyens, certains disposant d’un “plan B” inaccessible aux autres. Troisièmement, elle encourage une logique d’intérêt personnel au détriment de l’engagement national. Enfin, elle affaiblit le sentiment d’appartenance collective, pourtant essentiel pour construire un avenir commun solide.
Moi je pense que tous ceux qui sont contre, notamment dans les commentaires, le sont parce qu’ils sont dans l’impossibilité de l’avoir. Si il y avait la possibilité d’avoir la possibilité d’investissement à l’étranger, de mobilité et beaucoup d’autres choses…………… Les gens ne chercheraient pas ailleurs,