La région de Jerada a de nouveau été frappée par un drame humain qui met en lumière la dangerosité persistante des routes migratoires irrégulières à l’est du Maroc. Ces derniers jours, six migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été retrouvés morts dans la zone de Ras Asfour, près de la frontière maroco-algérienne, un secteur de plus en plus cité parmi les passages les plus périlleux de la région orientale.
Selon les premières informations, l’une des victimes serait de nationalité camerounaise, tandis que l’identité des cinq autres n’a pas encore pu être établie. Les corps ont été découverts dans des zones difficiles d’accès par les gardes-frontières et les éléments de la Gendarmerie royale, avant d’être transférés vers les morgues de Jerada, en coordination avec les autorités locales. Des autopsies ont été ordonnées, tandis qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ces décès.
Sur le terrain, plusieurs acteurs associatifs avancent l’hypothèse de morts liées à des conditions naturelles extrêmes : froid intense, faim, manque d’eau, absence d’abri et isolement total dans des reliefs accidentés. Ces éléments renforcent les craintes déjà exprimées ces derniers mois après la découverte d’autres corps dans les provinces de Figuig, Bouarfa et Aïn Chair.
Cette succession de drames traduit surtout une mutation silencieuse des itinéraires de migration clandestine dans l’Oriental. Longtemps moins exposées, certaines zones frontalières sont devenues des couloirs de passage pour des exilés fuyant les conflits, notamment en provenance du Soudan, ou transitant par la Libye puis l’Algérie, souvent au prix d’innombrables abus.
Au-delà du bilan macabre, cette tragédie rappelle que la question migratoire reste un défi profondément humain, où la détresse, la clandestinité et l’absence de protection continuent de coûter des vies dans l’indifférence.












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