La vice-présidente de la Commission européenne en charge de la diplomatie ne s’est pas rendue à Rabat pour deux jours les mains vides, ni avec le même discours que par le passé. Car la politique européenne à l’égard du Maroc a profondément évolué depuis le début de l’année.
En effet, cette inflexion stratégique a été portée par Kaja Kallas elle-même, avec pour objectif d’ancrer une nouvelle approche, fondée sur une reconfiguration des priorités à la lumière des développements récents, notamment la consolidation de la position marocaine sur le Sahara et l’appui international croissant au plan d’autonomie.
Aujourd’hui, selon la responsable européenne, une nouvelle phase s’ouvre, marquée par un partenariat multidimensionnel appelé à devenir le socle des relations entre Rabat et Bruxelles. L’ambition affichée est de dépasser les différends persistants, qu’ils concernent l’agriculture, la pêche ou encore les questions migratoires, pour élargir la coopération à des domaines d’avenir, à l’image de l’intelligence artificielle, également au cœur de ses discussions avec son homologue marocain, Nasser Bourita.
De son côté, ce dernier n’a pas manqué de souligner l’existence de poches de résistance à cette nouvelle dynamique, que ce soit au sein de certaines institutions européennes à Bruxelles ou au Parlement européen à Strasbourg. Il est désormais attendu un changement de ton et d’approche sur les dossiers en suspens.
Cette visite, à forte portée politique, pourrait ainsi marquer un tournant décisif dans les relations entre le Maroc et l’Union européenne, avec l’espoir d’ouvrir une nouvelle ère plus cohérente et apaisée.
Par Jalil Nouri



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