À voir comment des pans entiers de l’ancienne médina de Casablanca ont été effacés de la carte d’un trait, après des dizaines d’années d’existence, officiellement pour laisser place à une nouvelle vision urbanistique et liquider un habitat menaçant ruine, il est à craindre une réplique similaire dans les médinas anciennes d’autres villes.
L’exemple de celle de Marrakech en est une illustration parfaite, depuis que le séisme d’Al Haouz a fragilisé son habitat, marqué par des fissures suivies de l’effondrement de vieilles maisons, comme après l’hiver de cette année au cours duquel les pluies ont été incessantes. L’évacuation, sans solution de rechange, des populations victimes de ces effondrements ou ayant le malheur de se trouver dans leur voisinage direct montre que nous ne sommes pas loin du verdict redouté : l’ancienne et vaste médina de la ville ocre est appelée à suivre le même chemin que celle de Casablanca.
Mais pas seulement, car d’autres cités anciennes pourraient également se voir infliger le même traitement si elles ne font pas partie d’un classement historique de la part de l’Unesco comme patrimoine universel, à l’image de Fès, une ville qui a bénéficié d’un vaste plan de réhabilitation pour la maintenir en vie et améliorée.
Cette perspective de reconfiguration du paysage urbain au niveau des médinas inquiète à la fois les anciens habitants, les nouveaux résidents, ainsi que les étrangers qui s’y installent en acquérant des riads, redoutant des décisions unilatérales et hâtives qui annihileraient le charme de ces quartiers authentiques, protégés jusque-là de la loi du béton.
Ira-t-on jusqu’à assister, par secteurs entiers, à leur démolition et aux drames humains qui en résultent dans la plupart des cas, avec des programmes de relogement qui n’en sont pas toujours et des expropriations s’éternisant devant les tribunaux ? Faut-il dès à présent penser à sauver toutes nos anciennes médinas ou, du moins, réfléchir au meilleur lifting à leur appliquer, en maintenant leur cachet et les conditions de vie ancestrales qui rythment le quotidien de chacune, à des degrés divers ?
Par Jalil Nouri












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