L’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie traverse une zone de fortes turbulences. Au sein de cette institution stratégique, des tensions internes de plus en plus visibles accompagnent l’émergence de dossiers sensibles qui suscitent inquiétude et interrogations, notamment autour du très controversé « guide des valeurs », dont l’impact potentiel sur les recettes de l’État alimente de nombreuses discussions.
Ce qui relevait jusque-là de débats confinés aux cercles internes semble désormais prendre une dimension plus large. Des voix syndicales s’élèvent avec insistance pour dénoncer des dysfonctionnements financiers et administratifs qui, selon elles, ne peuvent plus être ignorés. Le climat au sein de l’établissement s’est ainsi nettement alourdi, à mesure que se multiplient les appels à un audit global permettant de faire toute la lumière sur la gestion de plusieurs dossiers jugés préoccupants.
Au cœur des critiques figure également la manière dont sont conduites les missions de contrôle et d’inspection. Le retard pris dans l’envoi de commissions d’enquête vers certaines zones, notamment à M’diq, a nourri un sentiment d’incompréhension et renforcé les soupçons de mauvaise gestion. Plusieurs syndicats estiment que les signaux d’alerte n’ont pas été traités avec la rigueur nécessaire, pointant du doigt un manque de réactivité face à des situations qui auraient exigé des décisions rapides.
À cela s’ajoutent des interrogations sur la nature des relations entourant certains dossiers sensibles. Des sources syndicales évoquent des considérations étrangères aux seuls critères professionnels, ce qui aurait contribué à ralentir le traitement de certaines affaires et à accentuer la crispation au sein de l’agence.
Pour les représentants syndicaux, la demande d’audit ne procède pas d’une logique d’escalade, mais d’une volonté d’assainissement. Il s’agit, selon eux, de préserver la crédibilité d’une institution centrale dans la sécurisation du foncier et la garantie juridique des transactions immobilières.
En interne, beaucoup redoutent qu’un prolongement de l’attentisme ne vienne encore aggraver la situation. Plus que jamais, la revendication d’un véritable arrimage entre responsabilité et reddition des comptes s’impose comme la condition indispensable pour rétablir la confiance et remettre l’institution sur des bases plus transparentes et plus solides.



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