La sortie médiatique du gardien de l’Olympic Safi, Youssef El Motie, après l’élimination de son équipe en demi-finale de la Coupe de la CAF face à l’Union sportive de la médina d’Alger (USMA), dépasse le simple cadre sportif. Elle met en lumière un malaise profond que vivent régulièrement les clubs marocains sur la scène continentale : celui d’un traitement à deux vitesses entre les rencontres disputées au Maroc et celles jouées en Algérie.
Visiblement marqué par les événements ayant entouré cette double confrontation, le portier safiot n’a pas mâché ses mots. « Nous n’avons rien retenu des leçons de la Coupe d’Afrique. Il est temps d’ouvrir les yeux », a-t-il lancé, dénonçant la répétition de situations jugées inacceptables.
Au cœur de son intervention, une comparaison qui en dit long. D’un côté, un accueil marocain fidèle à ses traditions d’hospitalité : thé, dattes, lait, transport assuré et organisation irréprochable pour les délégations adverses. De l’autre, un déplacement en Algérie marqué par des conditions pour le moins hostiles : rétention prolongée à l’aéroport, confiscation des passeports, restrictions de mouvement. Un contraste saisissant qui alimente le sentiment d’injustice.
Mais au-delà des conditions d’accueil, c’est le déroulement même du match retour à Safi qui a suscité l’indignation. Alors que les deux équipes s’apprêtaient à en découdre, des débordements ont éclaté suite à des provocations attribuées à des supporters algériens, allant jusqu’à envahir la pelouse. Résultat : un coup d’envoi retardé de plus d’une heure, dans une atmosphère chaotique rarement observée à ce niveau de compétition.
« Nous sommes venus jouer au football, pas gérer ce genre de situations », a regretté El Motie, pointant du doigt un scénario déjà vécu lors de précédentes compétitions africaines. Pour lui, ces incidents ne relèvent plus de l’exception mais d’une forme de répétition inquiétante.
Le gardien safiot n’a pas non plus épargné la Confédération africaine de football (CAF), qu’il accuse implicitement de laxisme. Il conteste notamment l’application persistante de la règle du but à l’extérieur, qui a scellé l’élimination de son équipe malgré deux matchs nuls.
Sur le terrain, le verdict est tombé : après un 0-0 à l’aller en Algérie, le match retour s’est soldé par un nul (1-1), suffisant pour qualifier l’USMA. Mais dans les esprits, c’est un autre débat qui s’installe, bien plus profond que le simple résultat sportif.
Au Maroc, la tradition d’accueil reste intacte, parfois même au prix d’une générosité jugée excessive par certains acteurs. En face, les conditions réservées aux clubs marocains interrogent et relancent un débat sensible : celui de l’équité dans les compétitions africaines.
À travers ce nouvel épisode, une question revient avec insistance : jusqu’à quand les clubs marocains accepteront-ils de jouer selon des règles qui ne semblent pas s’appliquer de la même manière à tous ?












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