À quelques heures de nouvelles discussions au Conseil de sécurité de l’ONU sur le dossier du Sahara marocain, un mouvement diplomatique discret entre Moscou et Alger semble avoir réveillé les inquiétudes algériennes. La Russie a en effet reçu, à la demande de l’ambassadeur algérien à Moscou, Toufik Jouamaa, pour des consultations portant sur plusieurs dossiers régionaux, dont celui du Sahara.
Dans son communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé que les discussions ont porté sur les questions inscrites à l’agenda du Conseil de sécurité, notamment celles liées au Moyen-Orient, à l’Afrique du Nord et au conflit autour du Sahara. Une séquence diplomatique qui intervient toutefois après deux rencontres déjà tenues entre Moscou et l’ambassadeur marocain Mohammed VI, Lotfi Bouchaâra, au cours desquelles Rabat avait exposé sa vision fondée sur l’initiative d’autonomie et la résolution 2797 du Conseil de sécurité.
Ce détail n’est pas anodin. Car en octobre dernier, la Russie avait choisi de s’abstenir lors du vote de cette résolution sans recourir à son droit de veto, un signal interprété par plusieurs observateurs comme une volonté de Moscou de ne pas contrarier la dynamique internationale favorable au Maroc.
Depuis plusieurs années, Rabat et Moscou entretiennent d’ailleurs un partenariat stratégique consolidé depuis la visite historique du roi Mohammed VI en Russie en 2016. Coopération économique, échanges agricoles, tourisme et dialogue politique ont progressivement renforcé les liens entre les deux capitales.
Pour plusieurs analystes, l’Algérie peine désormais à freiner l’évolution du dossier. Le contexte international a profondément changé : reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, soutien croissant à l’autonomie, retrait de reconnaissance de la pseudo “RASD” par plusieurs pays et affaiblissement diplomatique du Polisario.
Dans ce nouvel échiquier mondial, Moscou semble privilégier le pragmatisme plutôt qu’un alignement automatique sur Alger. Une réalité qui complique davantage les calculs algériens sur un dossier où Rabat continue de marquer des points.












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