La 31e édition du Salon international de l’édition et du livre poursuit son parcours jusqu’à la fin de la semaine, portée par une affluence remarquable. Comme lors des précédentes éditions, le public répond présent, confirmant la place importante de ce rendez-vous culturel dans le paysage national.
Mais derrière ce succès populaire, certains déséquilibres restent visibles. Les stands institutionnels occupent une grande superficie, face à une présence insuffisante de grandes maisons d’édition étrangères. Cette situation s’explique en partie par le faible pouvoir d’achat d’une large partie des Marocains, pour qui l’achat de livres demeure souvent un luxe.
Les enfants et les adolescents constituent une part essentielle des visiteurs. Les espaces qui leur sont destinés attirent fortement, donnant au Salon une ambiance familiale et pédagogique. Mais cette présence massive pose aussi une question : comment transformer cette curiosité ponctuelle en véritable habitude de lecture ?
Car le défi du livre ne se gagne pas uniquement pendant quelques jours de Salon. Il commence à l’école, se poursuit dans la famille et doit être encouragé par les bibliothèques, les enseignants et les parents. Le SIEL ne doit pas être seulement une sortie annuelle, mais le prolongement d’une vraie politique nationale de lecture.
L’autre obstacle majeur reste le prix du livre. Pour encourager l’achat, des remises plus importantes, des chèques-livres pour les élèves et étudiants, ou encore des aides ciblées pourraient donner un nouveau souffle au secteur.
Enfin, le monde du livre ne peut ignorer le numérique. Livres électroniques, plateformes de lecture, livres audio et contenus adaptés aux jeunes lecteurs connectés peuvent élargir l’accès au savoir.
Le SIEL vise les 500.000 visiteurs en 2026. L’ambition est réelle. Mais pour que le livre retrouve pleinement sa place, il faudra dépasser la simple vitrine culturelle et bâtir une stratégie durable, accessible et moderne.
Par Salma Semmar












Contactez Nous