Le tribunal de première instance de Rabat a rendu son jugement dans l’affaire opposant le prince Moulay Hicham Alaoui au youtubeur Mohamed Reda Taoujni. Ce dernier a été condamné pour diffamation après la diffusion, le 11 septembre 2025, d’une vidéo dans laquelle il formulait de graves accusations contre le plaignant, notamment autour de prétendus transferts financiers à l’étranger.
La juridiction a condamné le créateur de contenu à une amende de 100.000 dirhams, ainsi qu’au versement de 600.000 dirhams de dommages et intérêts au prince Moulay Hicham. Elle a également ordonné la suppression de la vidéo incriminée et la publication du jugement.
Dans cette affaire, le prince Moulay Hicham avait choisi de saisir la justice en son nom propre, affirmant agir en tant que citoyen pour défendre son honneur et sa réputation. Son avocat, le bâtonnier Abderrahim Jamaï, avait conduit la procédure, tout en plaidant contre toute peine privative de liberté.
Le tribunal a donc retenu une réponse strictement financière, évitant l’incarcération du youtubeur. Cette décision rappelle toutefois une limite essentielle dans l’espace numérique : la liberté d’expression ne peut se confondre avec la diffusion d’accusations graves non étayées par des preuves.
Au-delà du cas personnel, ce procès relance le débat sur la responsabilité des créateurs de contenu au Maroc. À l’heure où les réseaux sociaux deviennent des tribunaux parallèles, la justice rappelle que la critique, même ferme, doit rester encadrée par les règles de preuve, de prudence et d’éthique.
Le jugement devrait faire l’objet d’un appel, ce qui maintient le dossier ouvert sur le plan judiciaire.



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