À peine ses portes ouvertes au public à l’occasion de son premier grand spectacle, le concert du musicien et chanteur canadien Bryan Adams, le nouveau Théâtre Royal de Rabat-Salé, érigé au nord du fleuve Bouregreg, attire déjà une vague de critiques sur les réseaux sociaux.
Jugé tour à tour élitiste, discriminatoire et sélectif dans sa programmation, l’établissement a rapidement suscité de vives réactions après l’annonce des tarifs élevés des billets. Si le spectacle de Bryan Adams était artistiquement à la hauteur de l’événement, une partie de l’opinion publique estime néanmoins être tenue à l’écart d’un lieu culturel qui risque, selon elle, de devenir inaccessible au grand public. Beaucoup craignent déjà que la future programmation annuelle de cet édifice prestigieux, doté d’une architecture remarquable et d’installations ultramodernes, ne s’adresse qu’à une minorité privilégiée.
Véritable joyau culturel appelé à devenir une référence en Afrique, le Théâtre Royal semble toutefois confronté à une équation délicate : son modèle économique exige des recettes importantes et donc une programmation de spectacles très prisés, souvent associés à des tarifs élevés difficilement accessibles pour une large partie des citoyens.
Dès son inauguration, certains internautes le cataloguent déjà comme une salle réservée à une élite sociale et culturelle, loin des préoccupations du citoyen lambda. Dans ces conditions, beaucoup doutent de voir émerger une programmation plus populaire ou des événements de moyenne gamme permettant à un public plus large de découvrir ce nouvel espace culturel.
Dans ce contexte, l’on comprend la délicate mission qui attend son nouveau directeur artistique, Brahim El Mazned, connu notamment pour Festival Timitar et Visa For Music. Celui-ci devra trouver un équilibre subtil entre prestige artistique, rentabilité économique et ouverture au plus grand nombre, afin d’éviter que ce théâtre ne soit perçu, dès ses débuts, comme un espace réservé uniquement aux plus aisés.
Par Jalil Nouri



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