La loi est prête et les textes sont désormais en place : les très anciennes kasbahs du Royaume, ces lieux chargés d’histoire dont certaines sont encore habitées, s’apprêtent à connaître une nouvelle vie.
Le projet récemment adopté par le gouvernement prévoit en effet de confier au secteur privé celles pouvant encore être exploitées, afin d’assurer leur préservation, leur réhabilitation et leur transformation en résidences touristiques, à l’image de plusieurs expériences étrangères réussies. Les exemples ne manquent pas au Portugal et en Espagne, où ces hébergements historiques affichent souvent complet grâce à leur cachet patrimonial unique.
Depuis de nombreuses années déjà, des opérateurs marocains et étrangers soumettaient des propositions allant dans ce sens, notamment autour de la kasbah d’Aït Ben Haddou, près de Ouarzazate, considérée comme l’un des symboles majeurs du patrimoine marocain classé au niveau mondial.
Une autre kasbah attire également les convoitises : celle d’Oufella à Agadir, sur laquelle le groupe Akwa, lié à Aziz Akhannouch, nourrirait des ambitions pour en faire un haut lieu du tourisme local. D’autres investisseurs privés étrangers, ainsi que des structures spécialisées dans le tourisme patrimonial, attendaient l’adoption de cette loi pour se lancer dans cette aventure marocaine appelée à s’inspirer du modèle portugais, considéré comme une référence dans ce domaine.
Mais au-delà des sites les plus célèbres, ce sont des centaines de kasbahs à travers le pays qui pourraient bénéficier de réaménagements et de travaux de consolidation afin de donner naissance à un nouveau tourisme haut de gamme à forte dimension culturelle. Un tel projet pourrait également contribuer au développement de l’industrie cinématographique, tant ces décors historiques fascinent les productions internationales.
Encore faut-il que cette initiative, longtemps restée dans les tiroirs des ministères, soit menée dans la transparence, la coordination et le respect des lois, de l’environnement ainsi que des traditions et valeurs ancestrales des populations vivant dans ces lieux depuis des générations.
Les kasbahs encore habitées ne devront en aucun cas être vidées de leurs habitants sans solutions de relogement ni indemnisations équitables. La sauvegarde du patrimoine ne peut se faire au détriment des populations qui en sont les véritables gardiennes depuis des siècles.
Par Jalil Nouri












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