La crise des visas touchant les chauffeurs routiers marocains mobilise désormais les autorités marocaines au plus haut niveau. Face aux difficultés rencontrées par les transporteurs opérant entre le Maroc et l’Europe, Rabat a engagé des discussions avec Bruxelles afin de trouver une issue rapide à une situation qui menace directement la fluidité des échanges commerciaux.
Le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, s’est voulu rassurant en affirmant que des échanges ont été menés avec des responsables européens, notamment autour des effets du nouveau système européen d’entrée/sortie, entré en vigueur le 10 avril. Ce dispositif numérique enregistre automatiquement les passages aux frontières et signale les dépassements de durée de séjour, exposant ainsi certains chauffeurs marocains à des interdictions d’accès au territoire européen.
En marge du Salon international du transport et de la logistique, Logismed, le ministre a indiqué avoir rencontré des responsables européens chargés des transports, des affaires intérieures et de la migration. Selon lui, les discussions ont été « très positives » et ont permis d’examiner des pistes de solutions à court, moyen et long terme, en coordination notamment avec les autorités espagnoles.
Pour les professionnels du secteur, l’enjeu est considérable. Les chauffeurs routiers internationaux effectuent des déplacements fréquents entre les deux rives de la Méditerranée, dans le cadre d’une activité indispensable aux exportations marocaines. Or, l’application stricte des règles de séjour ne tient pas toujours compte de la spécificité de leur métier.
Les transporteurs réclament donc un mécanisme adapté, capable de préserver la mobilité des chauffeurs marocains et d’éviter les blocages. Ils rappellent également que les routiers européens ne sont pas soumis aux mêmes contraintes à l’entrée au Maroc.
Au-delà du secteur du transport, cette crise touche directement les exportations agricoles, industrielles et agroalimentaires du Royaume vers l’Europe. Tout ralentissement aux frontières peut provoquer des retards de livraison, une hausse des coûts logistiques et une perte de compétitivité pour les entreprises marocaines.












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