Le secteur laitier marocain affiche un bilan encourageant pour l’année 2025, avec un taux d’autosuffisance de 96%, une production nationale de 2,25 milliards de litres — en hausse de 18% par rapport à 2024, et un chiffre d’affaires annuel de 14 milliards de dirhams. Le secteur génère par ailleurs 450 000 emplois permanents et 49 millions de journées de travail saisonnier par an, selon le dernier bulletin de la Fédération Nationale des Industries de l’Agroalimentaire (FENAGRI).
Ce redressement est largement attribué aux mesures de soutien gouvernementales et aux actions de la Fédération Interprofessionnelle de la Filière Lait, notamment la révision des prix d’achat du lait à la production, qui a redonné du souffle aux éleveurs après plusieurs années difficiles.
Mais derrière ces chiffres, le tableau reste contrasté. Sept années consécutives de sécheresse ont profondément fragilisé la filière, et le coût des aliments du bétail — en hausse de 80% depuis 2020 — représente encore entre 60 et 70% du coût de production du lait au Maroc. Près de 90% des éleveurs possèdent 10 vaches ou moins, ce qui maintient la productivité moyenne autour de 4 000 litres par vache et par an, loin des 8 000 à 10 000 litres que réalisent les exploitations modernes.
La consommation intérieure constitue un autre frein structurel. Avec 75 litres de lait par habitant et par an, le Maroc reste en deçà du seuil minimal de 90 litres recommandé par la FAO, et très loin des 400 litres dépassés dans certains pays européens. Ce faible niveau de consommation bride la croissance de l’ensemble de la filière.
À cela s’ajoute la concurrence du secteur informel, qui représente encore entre 20 et 30% des volumes commercialisés, ainsi qu’un déséquilibre saisonnier persistant entre les pics de production hivernaux et printaniers, et la demande commerciale plus forte en été et en automne.
Le secteur laitier marocain reste néanmoins un pilier de la souveraineté alimentaire nationale. Il est organisé autour de l’interprofession Maroc Lait, qui fédère 260 000 éleveurs représentés par la FEMAPROL et 12 entreprises industrielles membres de la FMIL, couvrant plus de 85% de la filière.












Contactez Nous