À l’approche de l’Aïd Al-Adha, le marché des viandes connaît un mouvement inhabituel : alors que le prix du mouton demeure difficilement accessible pour de nombreux ménages, celui du poulet enregistre une baisse notable, offrant une alternative plus abordable aux familles marocaines.
Selon les prix actuellement observés, le kilo de poulet vivant se situe autour de 13 dirhams, tandis que le poulet prêt à consommer avoisine les 25 dirhams le kilo. Cette détente intervient dans un contexte marqué par une forte pression sur le pouvoir d’achat, où les dépenses liées à l’Aïd pèsent lourdement sur les budgets familiaux.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette baisse. D’abord, l’offre en volaille semble abondante sur le marché, après une période de production soutenue chez les éleveurs. À cela s’ajoute une demande moins forte qu’attendu, une partie des consommateurs ayant déjà réduit leurs achats en raison de la hausse générale du coût de la vie. Le recul relatif des prix de certains intrants, ainsi que la volonté des professionnels d’écouler rapidement leurs stocks avant les fortes chaleurs, peuvent également contribuer à cette tendance.
Cette baisse du prix du poulet arrive à un moment sensible. Pour de nombreuses familles, l’achat du mouton de l’Aïd devient de plus en plus difficile, voire impossible, face à des prix souvent jugés excessifs. Dans ces conditions, certains ménages pourraient être tentés de se tourner vers la volaille, non pas comme remplacement symbolique du sacrifice religieux, mais comme solution alimentaire raisonnable et adaptée à leurs moyens.
Il faut rappeler que l’Aïd Al-Adha reste une fête de partage, de solidarité et de spiritualité avant d’être une course à la dépense. Pour les familles qui n’ont pas les moyens d’acheter un mouton, il n’y a aucune honte à privilégier une alimentation plus simple, plus économique et plus équilibrée. Le poulet, aujourd’hui plus accessible, peut permettre de préserver l’essentiel : réunir la famille autour d’un repas digne, sans s’endetter ni se mettre en difficulté.
Cette situation pose aussi une question plus large : celle du rapport des Marocains à la pression sociale pendant les fêtes religieuses. Beaucoup de citoyens se sentent obligés d’acheter un mouton, même lorsque leurs revenus ne le permettent pas. Or, la sagesse voudrait que chacun agisse selon ses moyens, sans céder au regard des autres.
La baisse du prix du poulet pourrait ainsi offrir une respiration bienvenue à une partie des ménages. Elle rappelle aussi que la dignité ne se mesure pas au prix d’un mouton, mais à la capacité de préserver l’équilibre familial, la solidarité et la sérénité.
Si cette tendance se confirme dans les prochains jours, elle pourrait encourager une nouvelle forme de consommation plus réaliste, moins coûteuse et mieux adaptée à la situation économique actuelle. Dans un contexte où chaque dirham compte, le poulet apparaît comme une alternative de bon sens pour de nombreux foyers marocains.












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