Pour la fête du sacrifice, tous les ingrédients du mécontentement réunis par le gouvernement Akhannouch
Le ridicule ne tue peut-être pas, mais avec les récentes déclarations du désormais tristement célèbre ministre de l’Agriculture au Parlement, une limite semble clairement avoir été franchie.
Il y a d’abord eu le scandale des viandes rouges, révélant comment le gouvernement a littéralement tondu les Marocains dans une gabegie totale et une incroyable dilapidation des deniers publics, au profit de quelques parlementaires ayant bénéficié de généreuses subventions, d’exonérations fiscales difficilement justifiables et de suppressions de droits de douane, sans que cela ne se répercute ni sur les prix de la viande ni sur ceux des moutons.
Il y a ensuite eu la prétendue voiture “100 % marocaine”, accompagnée d’une participation de l’État à hauteur de 250 millions de dollars, sauf qu’au final, ni voiture à hydrogène ni véritable production nationale de Neo Motors n’ont réellement vu le jour, l’importation depuis la Chine semblant avoir pris le dessus sur les promesses initiales.
Puis sont venus les rapports alarmants concernant l’éducation nationale, la santé publique et le développement humain. À chaque fois, les réactions des ministres concernés ont semblé irrationnelles, parfois même ridicules, tant le déni et la fuite en avant ont remplacé les réponses concrètes à des critiques pourtant sérieuses.
Les scandales retentissants se sont accumulés, mettant à rude épreuve la patience des citoyens et donnant à beaucoup le sentiment que la dignité des Marocains est ouvertement bafouée.
Dans ce contexte, les récentes déclarations du ministre de l’Agriculture — qui aurait peut-être mieux fait de garder le silence ou de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler — apparaissent comme de nature à attiser davantage le mécontentement et à accentuer les frustrations d’une majorité de citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Car honnêtement, pour des bêtes qui coûtaient il n’y a pas si longtemps entre 2.000 et 2.500 dirhams, on demande aujourd’hui carrément le double, voire davantage.
Au passage, même le chef du gouvernement y est allé de sa petite touche, en conseillant aux intermédiaires de ne pas mettre toutes leurs bêtes sur le marché en même temps afin que les prix ne chutent pas… “comme le souhaitent les citoyens”.
Le doute n’est désormais plus permis.
Le degré zéro de la politique semble avoir été dépassé depuis longtemps, tant certains ministres rivalisent d’ingéniosité pour pousser encore plus loin ce sentiment de mépris envers le quotidien des Marocains.
Beaucoup de citoyens ont aujourd’hui le sentiment que certains responsables se moquent d’eux, comme lorsque, il y a quelques années, Aziz Akhannouch et Mohamed Boussaïd avaient été accusés d’avoir tenu des propos blessants ou méprisants envers les citoyens.
Les ingrédients du mécontentement
Que certains ministres soient déconnectés des réalités vécues par les citoyens n’a malheureusement rien de nouveau au Royaume. Mais lorsque ce décalage commence à menacer la paix sociale et la stabilité du pays, un seuil particulièrement inquiétant semble se profiler à l’horizon, avec des frustrations qui s’accumulent sans véritables perspectives rassurantes.
Entre nous, il n’y a jamais de fumée sans feu lorsque des ministres semblent peu préoccupés par les prochaines échéances électorales, parce qu’ils ne font pas véritablement de politique, n’auront probablement aucun compte à rendre et pourront aisément retrouver leur carrière d’avant, parfois au sein de grands groupes privés comme Akwa Group — quoique pas seulement.
Il y a aujourd’hui une véritable hémorragie qu’il faudra stopper avant qu’il ne soit trop tard. Les dégâts sont déjà nombreux, notamment autour de cet “État social” devenu introuvable, où les subventions profiteraient davantage aux plus riches qu’aux catégories défavorisées.
Alors, pour qui sonne le glas face à ce ressentiment général et ce ras-le-bol grandissant qui menace désormais de déborder ?
Par Hafid Fassi Fihri












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