La justice a frappé fort dans l’affaire de l’enfant mineur poussé à consommer une substance soupçonnée d’être alcoolisée. Le tribunal de première instance de Ben Slimane a condamné, ce lundi 15 juin, les trois mis en cause à un total de dix années de prison ferme.
Le principal accusé, poursuivi notamment pour participation à des violences volontaires, violences contre un enfant de moins de quinze ans par une personne ayant autorité sur lui et non-assistance à personne en danger, a écopé de quatre ans de prison ferme. Le deuxième prévenu a été condamné à trois ans et demi de détention, tandis que le troisième a été condamné à trois ans de prison ferme.
Cette décision intervient après une vive émotion suscitée par la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux. On y voyait, selon les éléments de l’enquête, trois frères encourageant leur neveu, âgé de seulement six ans, à consommer une boisson alcoolisée. Les images avaient provoqué une vague d’indignation au sein de l’opinion publique, relançant le débat sur la protection des enfants face aux comportements irresponsables d’adultes censés les encadrer et les protéger.
Les poursuites retenues dans ce dossier étaient lourdes. Elles concernaient notamment l’atteinte volontaire à l’intégrité d’un mineur, l’enregistrement et la diffusion d’images d’un enfant dans un lieu privé sans consentement, ainsi que la non-assistance à personne en danger. Les trois suspects avaient été interpellés après l’identification de leurs profils par les services compétents, puis soumis à une enquête judiciaire menée par la Brigade nationale de la police judiciaire sous la supervision du parquet.
Sur le volet civil, le tribunal a accordé un dirham symbolique à l’organisation « Matkich Waldi », qui s’était constituée partie civile dans cette affaire. Son avocat, Hicham Harthoun, a qualifié le jugement de décision dissuasive, tout en annonçant la volonté de l’association de faire appel afin de poursuivre la défense des droits de l’enfant jusqu’au jugement définitif.
Au-delà des peines prononcées, ce verdict sonne comme un message clair : l’enfance ne peut être exposée à l’humiliation, à la mise en danger ou à l’exploitation numérique au nom de la plaisanterie ou de l’inconscience. La justice a voulu rappeler que l’autorité familiale implique d’abord une responsabilité, et que toute atteinte à la dignité d’un mineur peut désormais entraîner de lourdes conséquences pénales.



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