Les analystes du Maghreb ne s’étaient pas trompés : les Algériens en âge de voter viennent de répondre par une gifle inoubliable au régime en place à Alger et, par un profond silence de défiance, d’infliger au pays le pire taux de participation de son histoire.
À la fermeture des bureaux de vote, ce jeudi, dans le cadre d’élections législatives placées sous un contrôle et une pression accrus, le taux de participation annoncé tournait autour de 21 %. Bien que les autorités, voyant des chiffres alarmants s’accumuler, aient décidé de prolonger les horaires d’ouverture des bureaux de vote et de recourir, vainement, à des moyens douteux pour les gonfler, le discrédit du régime algérien et de ses politiques est total.
Il vient d’en payer le prix au niveau de l’opinion publique mondiale et de montrer les limites atteintes par la répression des candidats opposés au régime, des jeunes candidats non encartés dans les structures contrôlées par le pouvoir, ainsi que de toutes les voix dissidentes, accentuant ainsi son image de pays sous la botte des militaires et de leurs relais.
Ce résultat catastrophique, qui met à nu le long et interminable cycle d’étouffement des libertés et les tentatives d’éradication des velléités d’affranchissement de la néo-dictature algérienne, maquillée en un semblant de jeune démocratie, a mis le pays encore plus à terre en élargissant le fossé entre la population et la superstructure militaire, qui tire toutes les ficelles de la gestion affolante des affaires du pays et de ses ressources, faisant d’un pays riche un exemple de haut lieu des privations.
Ceux qui s’intéressent à ce pays, et ils ne sont plus nombreux devant l’isolement accru qui le caractérise, doivent se rendre à l’évidence et se persuader que l’Algérie n’est pas entre de bonnes mains et que son peuple vient de lui signifier son désaveu.
Par Jalil Nouri












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