Le transport urbain dans l’agglomération de Rabat pourrait bientôt connaître l’une de ses plus importantes réformes depuis plusieurs décennies. Le ministère de l’Intérieur planche actuellement sur un projet destiné à mettre fin à une contrainte qui exaspère quotidiennement des milliers d’usagers : l’obligation de changer de petit taxi dès le franchissement des limites administratives entre Rabat, Salé et Témara.
Si cette mesure venait à être adoptée, elle marquerait un tournant majeur dans l’organisation des déplacements au sein de cette vaste aire métropolitaine où les frontières entre les trois villes sont devenues pratiquement imperceptibles pour les habitants.
Une réalité urbaine qui appelle une nouvelle organisation
Chaque jour, des dizaines de milliers de personnes effectuent des trajets entre Rabat, Salé et Témara pour rejoindre leur lieu de travail, les administrations, les établissements universitaires, les hôpitaux, les gares, les stations de tramway ou encore les centres commerciaux. Pourtant, la réglementation actuelle impose aux petits taxis de rester cantonnés à leur commune d’exploitation.
Cette organisation oblige souvent les passagers à interrompre leur course à la frontière d’une ville pour chercher un autre véhicule, une situation jugée incompréhensible dans une agglomération qui fonctionne désormais comme un seul et même bassin de vie.
Le projet actuellement étudié viserait ainsi à autoriser les petits taxis à circuler librement entre les trois villes, offrant aux usagers des trajets continus, plus rapides et plus confortables.
Une réforme dictée par les nouveaux usages
Cette réflexion intervient dans un contexte où les habitudes de mobilité ont profondément évolué. L’extension du réseau de tramway, le développement des zones d’activités, la multiplication des déplacements interurbains et l’essor des applications de transport ont profondément transformé les attentes des citoyens.
Ces plateformes numériques ont également mis en lumière les insuffisances du système actuel, relançant le débat sur la modernisation du secteur, la qualité du service, la transparence tarifaire et la concurrence.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu consiste désormais à adapter un modèle conçu il y a plusieurs décennies à une métropole qui compte aujourd’hui parmi les plus dynamiques du Royaume.
Des bénéfices attendus pour les usagers…
Sur le papier, les avantages apparaissent nombreux.
Les habitants gagneraient un temps précieux en évitant les ruptures de parcours, les visiteurs bénéficieraient d’un système plus simple à comprendre et les touristes profiteraient d’un service plus fluide, plus cohérent et davantage conforme aux standards des grandes métropoles internationales.
Cette réforme constituerait également un atout dans la perspective de la Coupe du monde 2030, que le Maroc organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Le transport urbain représentera l’un des premiers contacts des visiteurs avec le pays, et la qualité du service contribuera largement à leur perception de l’organisation marocaine.
…mais aussi plusieurs défis à relever
Le chantier reste toutefois particulièrement sensible.
L’une des principales interrogations concerne la disponibilité des véhicules. Dans plusieurs quartiers, trouver un petit taxi relève déjà parfois du parcours du combattant, notamment aux heures de pointe. L’élargissement du périmètre d’exploitation pourrait accentuer les déséquilibres si aucune régulation n’est mise en place.
Autre dossier délicat : la tarification.
Les autorités devront fixer des règles précises concernant l’utilisation du compteur, le calcul des courses entre les trois villes et les conditions de prise en charge des passagers. Une réglementation floue risquerait d’alimenter les litiges entre chauffeurs et clients.
Moderniser aussi les pratiques
Cette réforme pourrait également servir de levier pour améliorer la qualité du service.
De nombreux usagers continuent de dénoncer certaines pratiques qui ternissent l’image du secteur : refus de certaines destinations, compteur non enclenché, fixation arbitraire des prix, sélection des clients selon la rentabilité des courses, refus des trajets courts ou encore majorations injustifiées durant les périodes de forte affluence.
L’évolution du système devrait donc s’accompagner d’un contrôle renforcé, de sanctions plus dissuasives contre les abus et de mécanismes plus performants permettant aux citoyens de signaler les infractions et d’assurer un meilleur suivi des réclamations.
Une identité commune en réflexion
Parmi les pistes étudiées figure également l’uniformisation de la couleur des petits taxis appelés à circuler librement entre Rabat, Salé et Témara.
Une telle mesure permettrait aux voyageurs d’identifier immédiatement les véhicules autorisés à assurer les liaisons entre les trois villes, tout en renforçant la lisibilité du dispositif.
Une réforme attendue
Pour l’heure, aucune décision définitive n’a été annoncée. Le ministère poursuit ses consultations, conscient qu’un tel projet touche autant aux intérêts économiques des professionnels qu’aux attentes quotidiennes de centaines de milliers d’usagers.
Si elle voit le jour, cette réforme pourrait toutefois servir de modèle à d’autres grandes agglomérations marocaines, notamment Casablanca, Marrakech, Fès ou Tanger, où les déplacements dépassent depuis longtemps les limites administratives traditionnelles.
À l’approche des grands rendez-vous internationaux que le Royaume accueillera dans les prochaines années, la modernisation du transport urbain apparaît plus que jamais comme un passage obligé pour offrir un service à la hauteur des ambitions du Maroc.












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Rabat continue sa modernisation à tout les niveaux…
Encore faut-il que la police nationale se synchronise car 2 radars mobiles à moins de 300 mètres de distance..une patrouille de salé et l’autre de rabat..
En bas de la tour je précise leur positionnement..