Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, accompagné d’une délégation exceptionnelle composée de douze ministres, est arrivé à Rabat hier soir, alors même que les célébrations de la fête nationale française du 14 juillet battaient encore leur plein dans l’Hexagone.
L’importance de cette visite se mesure autant à la taille de la délégation gouvernementale qu’à la présence d’une imposante brochette de dirigeants de grandes entreprises françaises, leaders dans leurs secteurs respectifs. Pour Paris, ce déplacement revêt une portée particulière : il s’agit de consolider, comme jamais auparavant, le partenariat stratégique avec le Maroc et de porter les relations bilatérales à leur plus haut niveau. Il pourrait d’ailleurs s’agir de la dernière grande visite officielle de cette ampleur sous la présidence d’Emmanuel Macron, à l’approche de l’élection présidentielle française qui ouvrira une nouvelle séquence politique.
Énergie, défense, sécurité, industrie, grands projets d’infrastructures liés notamment aux préparatifs de la Coupe du monde 2030, sans oublier les questions migratoires : les deux gouvernements doivent conclure une série d’accords majeurs dans des domaines stratégiques. Ces signatures accompagneront des entretiens bilatéraux entre les deux Premiers ministres ainsi que de nombreuses réunions sectorielles entre ministres, selon un agenda particulièrement dense réparti sur quarante-huit heures, un délai qui pourrait même paraître insuffisant au regard de l’ampleur des dossiers à traiter.
Le dossier du Sahara occupera naturellement une place centrale dans les discussions. Depuis le discours prononcé par le président Emmanuel Macron devant le Parlement marocain en 2024, la France a clairement affirmé son soutien à la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud et à l’initiative marocaine d’autonomie. Paris entend désormais jouer un rôle moteur dans l’accompagnement des projets de développement économique et d’investissement dans cette région, en partenariat avec Rabat.
Si aucune confirmation officielle n’a, pour l’heure, été donnée concernant une éventuelle audience royale accordée au Premier ministre français, le contenu même de cette visite traduit déjà la nouvelle dimension prise par les relations franco-marocaines. Son prolongement naturel devrait être la signature, dans les prochains mois à Paris, d’un traité d’amitié et de partenariat d’exception, à l’occasion de la visite d’État très attendue de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en France, appelée à consacrer définitivement le rapprochement historique entre les deux pays.
Par Jalil Nouri












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