L’Espagne semble prendre ses distances avec son partenaire marocain pour se rapprocher d’une Algérie inconstante et imprévisible, qui impose systématiquement ses conditions anti-marocaines comme préalable à tout partenariat ou à toute relation normale.
La méfiance, de plus en plus perceptible, à l’égard du Maroc – une méfiance, faut-il le rappeler, nourrie par des considérations de politique intérieure sur fond de bras de fer entre les socialistes au pouvoir et les conservateurs du Partido Popular, alliés à l’extrême droite, à l’approche des prochaines élections – aurait poussé Pedro Sánchez à aller frapper à la porte d’Alger.
Ce revirement soudain du chef du gouvernement espagnol peut être interprété comme la volonté d’exprimer un mécontentement de plus en plus manifeste à l’égard de Rabat, devenu, selon cette lecture, un allié encombrant en raison du renforcement continu des relations entre le Maroc et les États-Unis. Dans le même temps, les tensions entre Madrid et Washington se sont accentuées, alimentées par des différends politiques persistants. Selon plusieurs spéculations, Donald Trump envisagerait même de transférer certaines installations militaires américaines d’Espagne vers le Maroc, ce qui constituerait un véritable camouflet pour Madrid.
Le raidissement de l’Espagne serait également alimenté par les efforts du Maroc visant à renforcer son arsenal militaire et à moderniser ses forces armées grâce aux technologies les plus avancées. À Madrid, certains observateurs estimeraient que cette montée en puissance stratégique est favorisée par les États-Unis, ancien allié devenu plus difficile à cerner. Cette inquiétude se serait encore accentuée après les déclarations attribuées à Donald Trump évoquant un soutien accru au Maroc, notamment sur la question de Ceuta et Melilla. D’autres spéculations font également état d’une éventuelle présence renforcée de bâtiments de guerre américains à proximité des côtes marocaines, face au sud de l’Espagne. Autant d’éléments qui contribueraient à installer un climat de tension dans la région.
Pour autant, ces considérations suffisent-elles à justifier qu’à la faveur de ce contexte, le chef du gouvernement espagnol se rende lundi prochain à Alger afin d’y rechercher de nouveaux contrats économiques, tout en s’efforçant de rassurer Rabat en affirmant que la position de l’Espagne sur la question du Sahara marocain demeurera inchangée ? Cette assurance sera-t-elle suffisante pour dissiper les doutes ? Et surtout, cette promesse résistera-t-elle à l’épreuve des faits ?
Par Jalil Nouri












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