La visite au Maroc du chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a été couronnée d’un franc succès. Minutieusement préparée et chargée de symboles de part et d’autre, elle restera comme un moment marquant dans l’histoire des relations franco-marocaines, longtemps fluctuantes avant de connaître aujourd’hui un tournant décisif.
Ce voyage constituait le premier déplacement à l’étranger de Sébastien Lecornu. Le chef du gouvernement français semble être venu à Rabat pour traduire concrètement, sur le terrain de la diplomatie bilatérale, les orientations du président Emmanuel Macron visant à stabiliser durablement les relations entre les deux pays et à les approfondir davantage.
Dans les faits, cette volonté s’est notamment manifestée par la promesse faite au Maroc et au Roi Mohammed VI d’une cérémonie grandiose à Paris, qui pourrait se dérouler sous les ors du palais de l’Élysée ou à Versailles, à l’occasion de la signature d’un Traité d’amitié présenté par Sébastien Lecornu comme historique et hors normes.
Outre la signature de quatorze accords de coopération et d’une multitude de lettres d’intention appelées à se concrétiser dans de brefs délais, le climat des rencontres entre les deux délégations a surpris par sa cordialité et sa décontraction. Les ministres des deux pays semblaient entretenir depuis longtemps des contacts étroits et réguliers. Une proximité qui n’a rien d’étonnant au regard des ponts jetés par Emmanuel Macron depuis sa visite à Rabat et dont l’empreinte a fortement marqué cette quinzième Rencontre de haut niveau.
Il est également réconfortant de constater que la coopération entre la France et le Maroc s’est élargie à la diplomatie féministe, un concept et un projet ambitieux initiés par Paris. Cette dynamique devrait permettre au Maroc d’occuper une place privilégiée au sein du groupe des pays engagés dans des politiques étrangères féministes.
Avec le soutien de la France, le Royaume pourra ainsi renforcer l’inclusion des femmes dans ses stratégies diplomatiques, notamment dans les opérations de maintien de la paix, sans négliger les autres domaines dans lesquels leur contribution est appelée à devenir de plus en plus importante.
Rendez-vous a donc été pris à Paris, où devrait être consacrée cette intensification de la « confiance retrouvée ». Ce rapprochement, dicté à la fois par l’histoire et par les intérêts réciproques, est parfois présenté comme une véritable lune de miel diplomatique. Il est surtout appelé à se pérenniser au-delà de la fin du mandat d’Emmanuel Macron en 2027.
Le président français pourrait ainsi laisser en héritage diplomatique la normalisation durable des relations avec le Maroc, ainsi que la reconnaissance par la France de la souveraineté marocaine sur les provinces sahariennes. Paris est désormais appelée à jouer un rôle important dans le développement futur de ces territoires, sur lequel Rabat fonde de grandes ambitions.
Par Jalil Nouri











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