« Le Maroc n’est ni le gendarme ni le concierge de l’Europe. »
C’est par cette formule choc, qui sonne comme une véritable mise en garde, que le Maroc a finalement répondu, au lendemain des événements survenus à la frontière de Ceuta, aux critiques lui imputant une part de responsabilité dans la récente crise migratoire ayant secoué le nord du Royaume et provoqué une vive polémique politique en Europe.
Pris pour cible de toutes parts, notamment par la droite et l’extrême droite espagnoles, le Maroc est sorti de sa réserve par la voix d’une source gouvernementale, qui a souhaité rappeler la position officielle du Royaume après les scènes dramatiques survenues à Ceuta, dont les images ont fait le tour du monde.
Cette source a tenu à souligner, chiffres à l’appui, les efforts considérables consentis par le Maroc dans la lutte contre l’immigration irrégulière vers l’Europe. Elle a insisté sur le fait que le Royaume n’agit au service d’aucune partie, mais en qualité de partenaire fiable et responsable de l’Union européenne dans la gestion de ce défi commun.
Le responsable gouvernemental a également rappelé que les aides financières accordées par l’Union européenne demeurent largement insuffisantes au regard des moyens humains, matériels et financiers mobilisés par le Maroc. Il a souligné que le Royaume assume lui-même une part importante des dépenses nécessaires pour sécuriser ses frontières et lutter contre les réseaux de trafic de migrants. Si les côtes marocaines sont privilégiées par les candidats à l’émigration clandestine, ce n’est pas en raison d’une prétendue faiblesse des dispositifs de contrôle, mais avant tout en raison de leur proximité géographique avec le continent européen, lequel doit lui aussi assumer pleinement sa responsabilité dans la surveillance de ses propres frontières.
Face au tollé politique provoqué en Espagne et dans plusieurs pays européens, au point de susciter des divergences au sein même de certaines formations politiques, la même source n’a pas caché la déception et l’agacement des autorités marocaines. Elle a estimé que les causes de cette vague migratoire exceptionnelle devaient également être recherchées du côté des politiques migratoires européennes, et plus particulièrement espagnoles. Selon cette analyse, certains choix en matière de gestion de l’immigration et certaines évolutions du cadre juridique auraient pu être exploités par des réseaux ou des acteurs malveillants pour diffuser de fausses informations et encourager des milliers de personnes à tenter la traversée.
En conclusion, Rabat réaffirme sa détermination à poursuivre, avec le même engagement, sa coopération avec ses partenaires européens dans la lutte contre l’immigration irrégulière et les réseaux criminels qui l’organisent. Le Royaume insiste toutefois sur un principe qu’il juge fondamental : cette coopération doit reposer sur un partenariat équilibré, fondé sur le respect mutuel, le partage des responsabilités et la reconnaissance des efforts accomplis, sans procès d’intention ni mise en cause systématique de l’action marocaine.
Par Jalil Nouri



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Merci de remplacer le terme « Ceuta » par Sebta
Tous les marocains vous seront très reconnaissants
C’est malheureusement son nom international officiel. On ne peut pas en vouloir à la rédaction.
Il y a également beaucoup d’espagnols qui viennent travailler au Maroc. Le problème n’est pas l’immigration, mais cette proximité qui doit être assumée par l’Espagne également puisqu’elle ne veut pas rendre ces territoires.