Les 26es Jeux méditerranéens, qui viennent de s’achever en Italie, auraient pu se conclure pour la délégation marocaine sous le seul signe de la fierté et de la performance. Une grave affaire impliquant l’un de ses membres est malheureusement venue assombrir cette fin de compétition.
La police italienne s’est en effet lancée à la recherche d’un sportif marocain, dont l’identité n’a pas été révélée, après le dépôt d’une plainte l’accusant d’une agression sexuelle avec violence sur une jeune membre de la délégation française.
Les carabiniers italiens se sont rendus à bord du paquebot amarré dans le port de Tarente où étaient logées les différentes délégations afin de retrouver le sportif mis en cause.
Mais lorsqu’ils ont ouvert sa cabine, les policiers ont découvert que ses affaires avaient disparu. Ils auraient ensuite constaté que l’homme recherché avait déjà quitté le territoire italien.
Selon le récit livré par la jeune athlète française dans sa plainte, les faits se seraient déroulés au bord de la piscine du navire.
Elle affirme que le membre de la délégation marocaine aurait d’abord procédé à des attouchements sexuels non consentis sur ses parties intimes avant de tenter de l’obliger à le suivre.
Toujours selon les déclarations de la plaignante, elle aurait alors compris qu’elle risquait d’être victime d’un viol. Elle aurait finalement réussi à faire cesser son agresseur présumé en menaçant de crier pour alerter les passagers et les membres d’équipage, alors qu’il était tard dans la nuit et que la plupart des occupants du navire dormaient ou s’apprêtaient à le faire.
Il s’agit, à ce stade, des accusations formulées par la jeune femme et faisant l’objet d’une enquête. Le sportif marocain bénéficie donc de la présomption d’innocence tant qu’une éventuelle responsabilité pénale n’a pas été établie par la justice.
Un autre élément interpelle toutefois les enquêteurs : le départ rapide du membre de la délégation marocaine.
Avant même que la jeune femme ne dépose officiellement sa plainte, accompagnée de membres de la délégation française, le sportif avait, selon les informations disponibles, déjà rejoint l’aéroport et franchi les contrôles de la police aux frontières pour prendre un vol à destination du Maroc.
Depuis son retour au Royaume, il serait devenu difficilement joignable et n’aurait plus donné signe de vie aux personnes cherchant à entrer en contact avec lui.
Ce départ ne constitue évidemment pas, à lui seul, une preuve de culpabilité. Mais sa chronologie ne manquera pas d’intéresser les enquêteurs italiens chargés d’établir précisément les circonstances de cette affaire.
La nouvelle s’est rapidement propagée dans le milieu sportif et vient malheureusement ternir la fin d’une compétition particulièrement réussie pour les représentants marocains.
Car jusque-là, le bilan était remarquable.
Avec une importante moisson de médailles, les sportifs marocains avaient offert au Royaume l’une de ses belles performances dans cette compétition méditerranéenne et suscité l’espoir d’un véritable renouveau du sport national.
C’est précisément ce qui rend cette affaire encore plus regrettable.
Les accusations visant un seul membre d’une délégation ne sauraient naturellement jeter l’opprobre sur l’ensemble des sportifs marocains qui ont défendu les couleurs nationales avec sérieux et dignité.
Mais la gravité des faits dénoncés exige désormais que toute la lumière soit faite.
À la justice italienne de déterminer ce qui s’est réellement passé cette nuit-là à bord du navire de Tarente et d’établir les responsabilités éventuelles, dans le respect des droits de la plaignante comme de la présomption d’innocence du sportif marocain mis en cause.
Une triste conclusion, en tout cas, pour des Jeux méditerranéens que le Maroc espérait quitter avec pour seules images celles des podiums, des médailles et du drapeau national.
Par Jalil Nouri



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